Manuel Valls estime normal le débat sur la réforme pénale

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MANUEL VALLS ESTIME NORMALE SA DÉMARCHE SUR LA RÉFORME PÉNALE
MANUEL VALLS ESTIME NORMALE SA DÉMARCHE SUR LA RÉFORME PÉNALE

PARIS (Reuters) - Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a assuré mercredi que sa démarche sur la réforme pénale s'inscrivait dans un processus normal, après les révélations sur un courrier fustigeant le projet de loi qui doit être présenté par Christiane Taubira à la rentrée.

"C'est une procédure normale et j'ai adressé, ce n'est pas la première fois, une note au président de la République et au Premier ministre. C'est normal que nous ayons un débat sur un sujet important qui est la politique pénale que nous devons mettre en oeuvre", a déclaré Manuel Valls sur RTL.

Le ministre de l'Intérieur s'est conformé aux propos du Premier ministre Jean-Marc Ayrault, qui s'est efforcé mardi d'apaiser les tensions en estimant qu'il s'agissait d'une "phase normale d'échange préalable aux arbitrages."

La Garde des Sceaux avait de son côté fait part de son "étonnement" à propos de ce courrier dont elle n'avait pas été informée malgré plusieurs réunions communes.

"Nous avons travaillé ensemble, nos équipes ont travaillé ensemble", s'est contenté de répondre Manuel Valls, interrogé sur la réaction de sa collègue au gouvernement.

Assurant qu'il n'était pas à l'origine de cette fuite, le ministre de l'Intérieur a cependant insisté sur le fait que ce processus devait rester "discret et confidentiel".

"Ces notes n'ont pas à fuir évidemment, je le regrette. (...) Ce débat n'est pas public, il n'a pas à être public", a-t-il ajouté.

Interrogé sur une éventuelle dénonciation de laxisme de sa collègue dans ce courrier, Manuel Valls a déclaré :

"Jamais je n'utiliserai ce type de propos. Depuis un an avec Christiane Taubira, nous avons donné, contrairement à ce qui c'est passé par le passé, l'image d'une entente, et qui va durer parce que la Justice et l'Intérieur doivent travailler ensemble au service des Français pour être efficaces."

Souvent taxée de laxisme par la droite, la ministre de la Justice a fait l'objet d'une nouvelle salve de critiques début août, l'opposition voyant dans la libération de trois condamnés à Chartres faute de places en prison la conséquence directe de sa politique pénale.

DIVERGENCES

Manuel Valls a adressé un courrier à François Hollande le 25 juillet dernier fustigeant le projet qui doit être présenté par sa collègue à la rentrée de septembre, a révélé mardi Le Monde.

Dans cette lettre, il pointe les désaccords sur le projet, estimant que la grande majorité des dispositions de ce texte a fait l'objet de discussions, voire d'oppositions du ministère de l'Intérieur.

Interrogé sur ces divergences, Manuels Valls a rappelé que la réforme des peines plancher était un engagement du président de la République.

"Mais la seule question qui vaille c'est par quoi nous les remplaçons ? Quel est le dispositif le plus efficace possible alors que les peines plancher n'ont pas fait la preuve de leur efficacité ?", a-t-il cependant ajouté.

Le ministre de l'Intérieur a également dit partager la préoccupation de Christiane Taubira sur "les sorties sèches de prisons" mais il a refusé toute automaticité.

"Il faut des aménagements de peine mais bien évidemment il ne peut pas y avoir d'automaticité. Je crois qu'avec la Garde des Sceaux nous sommes d'accord sur ce sujet-là", a-t-il dit.

Rejetant toute idée de démission face à la polémique suscitée par cette lettre, le ministre a dénoncé les accusations de laxisme lancées par l'opposition de droite et appelé à sortir d'un "débat caricatural".

Marion Douet, édité par Jean-Stéphane Brosse

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  • mlaure13 le mercredi 14 aout 2013 à 09:39

    OUAIS...Qu'en sortira-t'il ?...Comme dab...des décisions à minima, laissant la patate chaude au gvt suivant !...

  • macauley le mercredi 14 aout 2013 à 09:35

    Ils en ont pas marre de passer pour des truffes ces deux là??