Manuel Valls défend ses réformes à Bruxelles

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MANUEL VALLS VA DÉFENDRE LES CHOIX ÉCONOMIQUES DE LA FRANCE À BRUXELLES
MANUEL VALLS VA DÉFENDRE LES CHOIX ÉCONOMIQUES DE LA FRANCE À BRUXELLES

PARIS (Reuters) - Manuel Valls défend mercredi à Bruxelles les choix économiques de la France face à une Commission européenne qui reste préoccupée par ses déséquilibres "excessifs" et l'insuffisance des réformes susceptibles de doper sa croissance.

Cette visite prévue de longue date a été maintenue malgré les attentats survenus mardi à l'aéroport et dans le métro de Bruxelles, qui ont fait une trentaine de morts.

Elle intervient à la veille de la présentation en conseil des ministres français de la réforme du Code du travail, un texte pour lequel le gouvernement s'est vu contraint de revenir sur des dispositions-clés face à l'opposition des syndicats, des mouvements de jeunesse et d'une partie de sa majorité.

Comme l'an dernier à la même époque, le chef du gouvernement rencontrera le collège des commissaires européens lors d'un déjeuner de travail, avant une conférence de presse avec le président de la Commission, Jean-Claude Juncker.

Soucieux d'"échanger, d'expliquer et dire où en est la France dans ses choix", le Premier ministre "expliquera en quoi nous avons fait ce que nous avions dit l'an dernier. Cela vaut pour les réformes, comme sur les engagements budgétaires qui sont les nôtres", a indiqué un de ses conseillers.

L'exécutif européen vient d'épingler pour la deuxième année consécutive la France pour les déséquilibres jugés "excessifs" de son économie au même titre que l'Italie, le Portugal et deux autres pays.

Il s'est fondé pour cela sur un rapport publié fin février indiquant que les réformes mises en oeuvre par la France pour améliorer sa situation économique se sont majoritairement soldées par des progrès limités, notamment sur le marché du travail et la gestion de la dette publique.

L'Insee publiera vendredi les chiffres du déficit public de la France pour 2015 dont on sait déjà qu'il sera inférieur à l'objectif de 3,8% du PIB retenu par le gouvernement, ceux déjà connus du budget de l'Etat et de la Sécurité sociale, ses principales composantes, étant ressortis en deçà des prévisions officielles.

RÉDUCTION PLUS LENTE QUE DANS LA ZONE EURO

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a assuré que la marque de 3,3% prévue pour 2016 avant un retour sous 3% en 2017 serait respectée malgré la série de nouvelles dépenses totalisant plusieurs milliards d'euros annoncées depuis le début de l'année.

Certaines ont répondu à des urgences (nouvelles aides aux éleveurs) ou a des priorités (plan pour l'emploi) mais d'autres relèvent de considérations différentes : une extension de la garantie jeunes pour désamorcer la fronde contre la réforme du Code du travail et une hausse du point d'indice des fonctionnaires dans laquelle beaucoup ont vu un geste préélectoral.

Michel Sapin a promis que "toutes les mesures seront prises" en compensation pour que l'objectif de déficit public de 2016 soit tenu.

Manuel Valls s'efforcera d'en convaincre la Commission qui ne s'est pas encore prononcée sur les dernières annonces de Paris mais qui vient encore de reprocher à la France, qui a pourtant obtenu deux délais pour revenir dans les clous européen, d'être "plus lente que le reste de la zone euro" dans la réduction de son déficit public.

S'agissant des réformes, le Premier ministre devra se montrer tout aussi persuasif sur l'efficacité du projet de loi sur le Code du travail malgré les reculs du gouvernement.

Le rapport présenté à la Commission en février jugeait que le fonctionnement du marché du travail "demeure peu satisfaisant" en France et que son taux de chômage élevé est une des conséquences indirectes des déséquilibres dont souffre le pays.

Manuel Valls devrait aussi évoquer les grands sujets européens du moment, en particulier la crise des migrants, et la lutte contre le terrorisme après l'arrestation, vendredi dernier en Belgique, de Salah Abdelsam, considéré comme le seul survivant du commando responsable des attentats du 13 novembre à Paris.

(Elizabeth Pineau, avec Jean-Baptiste Vey, édité par Yann Le Guernigou)

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  • oban07 il y a 9 mois

    surtout , n'oubliez de réveiller Sapin qui dormait hier à l'assemblée lors des évocations des attentats de bruxelles !.... quelle honte

  • a.lauver il y a 9 mois

    Les reductions de dépenses sont toujours mentionnés dans des phrases au "futur" alors que pour les dépenses ils utilisent toujours le "présent"

  • lorant21 il y a 9 mois

    ah, une réforme? on cherche. mais des réformes, là, on reste baba..

  • M8252219 il y a 9 mois

    Les symboles ont s'en f... on veut des actes . Il faut être ferme et prendre des décisions même désagréables pour les âmes sensibles , telle les associations pour les droits de l'homme qui ne parlent que des droits et jamais de responsabilités ni de devoirs , si nous ne voulons pas que nos démocraties se réduisent à des camps retranchés.

  • M1765517 il y a 9 mois

    si il veut un islam fort, il va convaincre à Brussel !

  • 82554976 il y a 9 mois

    Mais quelles réformes ?? des mots rien que des mots !!!!!!!!