Manuel Valls défend le dialogue social et fustige les postures

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MANUEL VALLS DÉFEND LE DIALOGUE SOCIAL
MANUEL VALLS DÉFEND LE DIALOGUE SOCIAL

par Emmanuel Jarry et Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a jugé mardi que la troisième conférence sociale du quinquennat avait rempli son rôle entre les partenaires sociaux, malgré l'absence, le second jour, de la CGT, de Force ouvrière et de la FSU et a dénoncé une nouvelle fois des postures.

Invité sur TF1, le Premier ministre a rejeté toute idée d'échec, jugeant que cette grande messe annuelle était "un accélérateur du dialogue social, utile "à l'intérêt général et au pays."

"Il n'y a pas eu échec à partir du moment où vous avez une majorité de syndicats et le patronat qui se retrouvent ensemble, qui approuvent les propositions que le gouvernement fait pour les jeunes les plus démunis, pour l'apprentissage, pour le soutien aux entreprises. Je considère que nous avançons", a-t-il dit.

Manuel Valls a fustigé à nouveau "les postures, de ceux qui s'abstiennent à l'Assemblée nationale ou de ceux qui ne viennent pas à ces réunions".

"La mission que le président de la République m'a donnée il y a 100 jours est d'avancer, de réformer et de sortir le pays des difficultés qui sont les siennes", a-t-il insisté.

Clôturant la conférence ouverte la veille par François Hollande, le Premier ministre a annoncé une série de mesures, en particulier en faveur de l'emploi des jeunes via le développement de l'apprentissage et confirmé l'agenda social ébauché la veille par François Hollande pour la rentrée.

Il a aussi souhaité que syndicats et patronat se saisissent du sujet sensible des seuils sociaux, qui déclenchent de nouvelles obligations pour les entreprises en fonction du nombre de salariés, et de la question de la représentation de ces derniers.

Le ministre du Travail, François Rebsamen, adressera prochainement aux partenaires sociaux un document d'orientation en vue de cette négociation.

Les organisations "qui ont voulu marquer par leur absence" leur "distance" et leur "défiance" à l'égard du gouvernement, du patronat et du dialogue social sont dans leur droit, a-t-il dit. "Je regrette cette attitude car elle ne fait pas avancer les choses", a-t-il cependant ajouté. "Un refus prolongé du dialogue serait une posture incompréhensible. La situation de notre pays exige de tous un sens élevé des responsabilités."

Selon un membre du gouvernement, Manuel Valls devrait rencontrer les dirigeants de ces organisations "en tête-à-tête" pour rétablir le dialogue. Mais l'entourage du Premier ministre refusait mardi soir de confirmer un prochain rendez-vous.

ACCÉLÉRER LES NÉGOCIATIONS DE BRANCHE

Le Premier ministre a invité aussi le patronat à "accélérer" les négociations de branche sur les contreparties en matière d'investissement, d'emploi et de formation aux 40 milliards de baisses de charges et d'impôts prévues dans le cadre du pacte de responsabilité pour les entreprises.

"Les négociations de branche en lien avec le pacte ne sont pas encore assez nombreuses et pas assez avancées", a-t-il dit.

Le gouvernement ne compte que dix branches ayant engagé de telles négociations, contre une trentaine selon le Medef, la principale organisation patronale française.

François Rebsamen suivra désormais l'avancée de ces négociations "branche par branche" et un point sera effectué en septembre, a ajouté Manuel Valls, qui a dit espérer que des "progrès significatifs" seraient réalisés d'ici là.

Il a estimé au passage que les branches était trop nombreuses et proposé d'en réduire massivement le nombre.

"Cent branches au lieu de 700 actuellement, tel pourrait être l'objectif", a-t-il dit, tout en reconnaissant que ce serait un travail de longue haleine.

Les organisations patronales ont plutôt bien accueilli le discours du Premier ministre, alors que l'Assemblée nationale votait le projet de loi de financement rectificatif de la Sécurité sociale, qui transpose dans la législation nombre de dispositions du pacte de responsabilité.

"Nous avons eu cette semaine des réponses à nos questions", a déclaré à la presse le président du Medef, Pierre Gattaz, jugeant que les obstacles à l'intensification des négociations dans les branches étaient levées.

"Donc nous pourrons nous mobiliser encore un peu plus avec nos fédérations (...) Je suis globalement satisfait."

(Edité par Yann Le Guernigou)

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  • M7403983 le mardi 8 juil 2014 à 21:12

    Les postures de gauche ou de droite ? Et quelle visibilité pour des classes moyennes/supérieures ??? La est tout "the problem " !!!!!