Manuel Valls constitue son gouvernement de "combat"

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MANUEL VALLS OEUVRE À LA COMPOSITION DE SON GOUVERNEMENT
MANUEL VALLS OEUVRE À LA COMPOSITION DE SON GOUVERNEMENT

par Elizabeth Pineau

PARIS (Reuters) - Les grandes manoeuvres ont commencé pour la composition du gouvernement de Manuel Valls, équipe resserrée d'une quinzaine de ministres où des proches du président, comme du nouveau Premier ministre, seront placés aux postes-clés.

L'ancien ministre de l'Intérieur a été confronté à une crise avec les alliés écologistes de la majorité avant même le passage de témoin avec Jean-Marc Ayrault. Le bureau exécutif d'Europe Ecologie/Les Verts a finalement refusé mardi soir de participer au gouvernement à l'issue d'une journée d'intenses discussions.

Si le sort de certains ministères importants, comme les Affaires étrangères, où Laurent Fabius devrait rester, semble réglé, d'autres, comme l'Economie, semblaient encore faire l'objet de discussions mardi soir.

Manuel Valls a intensifié ses consultations entamées la veille pour former l'"équipe resserrée, cohérente et soudée" annoncée par François Hollande lundi soir et dont la composition pourrait être annoncée mercredi sur le perron de l'Elysée.

"Cela prendra le temps qu'il faudra. Ce qui compte, c'est d'avoir une équipe combative, pugnace, engagée", dit-on dans l'entourage de François Hollande, qui a déroulé quant à lui son agenda en recevant le fondateur de Microsoft, Bill Gates, puis la présidente de Centrafrique, Catherine Samba-Panza.

Pendant ce temps-là à Matignon, Jean-Marc Ayrault passait la main à Manuel Valls, dont six Français sur dix approuvent la nomination mais estiment qu'il ne fera pas mieux que son prédécesseur, selon un sondage Ifop.

"Je vous souhaite le succès et je souhaite bonne chance à la France", a dit Jean-Marc Ayrault, qui a aussitôt quitté Paris par le train direction Nantes, aux côtés de son épouse Brigitte.

Manuel Valls a promis pour sa part d'amplifier le travail fourni pendant 22 mois par son prédécesseur "au service du redressement" de la France.

LE DRIAN DONNÉ À L'INTÉRIEUR

Le nouveau Premier ministre a nommé sans attendre Véronique Bédague-Hamilius à la direction de son cabinet. Cette économiste âgée de 50 ans était à la tête de l'Agence française pour les investissements internationaux.

C'est à Matignon, où il a oeuvré par le passé aux côtés de Michel Rocard et Lionel Jospin, que Manuel Valls a poursuivi les consultations sur la formation du gouvernement.

Il devrait compter une quinzaine de ministères, dont certains organisés en pôles pour des raisons d'efficacité, complétés par des secrétariats d'Etat.

Parmi les hypothèses avancées mardi, on évoquait de sources gouvernementales l'entrée au gouvernement de Ségolène Royal, ancienne ministre et mère des quatre enfants du président, à la tête d'un ministère de la Transition écologique.

Un proche du président, Jean-Yves Le Drian, est pressenti à l'Intérieur. Il pourrait être remplacé à la Défense par un nouveau venu, le maire de Dijon François Rebsamen.

Parmi les "hollandais historiques", Stéphane Le Foll devrait rester à l'Agriculture et Michel Sapin, anciennement au Travail, pourrait aussi conserver un poste important.

Une façon pour le président d'équilibrer une équipe désormais dirigée par un homme au style et aux ambitions bien différentes de celles du loyal Jean-Marc Ayrault, que le chef de l'Etat a, selon des proches, beaucoup hésité à congédier.

La composition du ministère de l'Economie, critiqué sous l'ère Ayrault, sera l'une des clés de la réussite de Manuel Valls, contraint de résoudre une difficile équation mêlant réduction des déficits publics sur fond d'injonctions bruxelloises, économies drastiques et réforme de l'Etat.

REMOUS AU PS

Le tout dans un souci de "justice sociale" demandé par le président, qui a promis des baisses d'impôts et de cotisation.

Dans ce contexte, Benoît Hamon, tenant de l'aile gauche du Parti socialiste, pourrait être promu et obtenir le ministère de l'Education nationale aux dépens de Vincent Peillon.

Les fonctionnaires de Bercy disent n'avoir "aucune idée" du sort réservé à leur ancien patron, Pierre Moscovici, ou de celui de Bernard Cazeneuve, anciennement au Budget.

Le secteur du Commerce extérieur pourrait rejoindre le Quai d'Orsay, toujours dirigé par Laurent Fabius, soucieux de développer la "diplomatie économique".

Arnaud Montebourg, pressenti à la tête d'un pôle Industrie aux compétences élargies, a dit mardi sur France Inter tout le bien qu'il pensait du nouveau Premier ministre, qu'il avait affronté à la primaire socialiste en 2011.

"Manuel Valls a le sens de la décision, il sait mener une équipe, c'est un homme qui a à la fois l'audace, l'intelligence et l'ambition. Donc nous pouvons réussir ce gouvernement de combat, donc en effet je soutiens Manuel Valls", a-t-il dit.

D'autres ténors socialistes ont été moins diplomates, à l'image du député Henri Emmanuelli, qui a déploré un "coup de barre à droite" et menacé de ne pas voter la confiance à Manuel Valls après son discours de politique générale, mardi prochain.

"Cela devrait se calmer. Ils vont laisser Valls s'installer et attendre son discours de politique générale pour se faire un avis", tempère une source au PS.

Manuel Valls a fait partie des ténors ayant poussé à la nomination d'Harlem Désir au poste de Premier secrétaire, qui lui a apporté son appui dès lundi soir.

Le nouveau Premier ministre pourrait être tenté de placer certains de ses fidèles au gouvernement, comme les députés Jean-Jacques Urvoas et Jean-Marie Le Guen.

La communication, souvent cacophonique sous l'ère Ayrault, devrait être revue, ce qui pourrait valoir à Najat Vallaud-Belkacem la perte de son poste de porte-parole du gouvernement.

(avec Service France, édité par Yves Clarisse)

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  • mlaure13 le mercredi 2 avr 2014 à 09:15

    Espérons qu'il va fournir les treillis et rangers..elle serait encore plus mignonne la BELKACEM ???...:-)))

  • bsdm le mardi 1 avr 2014 à 20:05

    Enfin débarrassé des 3 sorcières : tau ira ,du flot et Belkacem ?

  • muck12 le mardi 1 avr 2014 à 19:48

    dommage pour najat trop intelligente pour une femme ça gene les po rtes s coui ll es

  • quoa le mardi 1 avr 2014 à 19:20

    cad le koreenmasque!!

  • quoa le mardi 1 avr 2014 à 19:19

    ça va etre la vallse des impots .....MAIS c'est la faute a sarkoeco

  • mark92 le mardi 1 avr 2014 à 19:13

    Ben l'ote fo ku aussi avait promis.. Moins de ministres... Moralités ?? jamais autant de profiteurs.

  • mark92 le mardi 1 avr 2014 à 19:10

    Allez les verts..