Manuel Valls concède des mesures sociales aux frondeurs du PS

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MANUEL VALLS CONCÈDE DES MESURES SOCIALES POUR FAIRE ADOPTER SON PLAN D'ÉCONOMIES
MANUEL VALLS CONCÈDE DES MESURES SOCIALES POUR FAIRE ADOPTER SON PLAN D'ÉCONOMIES

PARIS (Reuters) - Manuel Valls a annoncé lundi des mesures en faveur des plus modestes afin de convaincre les députés socialistes de voter son plan de 50 milliards d'euros d'économies pour 2014-2017, un dispositif dont il concède qu'il peut "peser à court terme sur l'activité" mais qu'il juge "impératif".

L'issue du scrutin de mardi, que le Premier ministre qualifie de "tout sauf indicatif mais décisif", est incertaine, plusieurs dizaines d'élus socialistes menaçant de ne pas voter.

"C'est un rendez-vous majeur. Il nous oblige à nous dépasser. Avec courage", écrit Manuel Valls dans une lettre adressée lundi aux députés socialistes. "La confiance réciproque, c'est la condition de notre unité", souligne-t-il.

Assurant avoir entendu les doléances des élus, le Premier ministre consent à un geste envers les retraités les plus modestes touchant jusqu'à 1.200 euros de pension mensuelle (tous régimes confondus) : ils seront épargnés par le gel d'un an des pensions, qui a choqué l'aile gauche du Parti socialiste.

"6,5 millions de personnes verront leur pouvoir d'achat intégralement préservé", écrit-il.

Manuel Valls renonce en outre au report du plan pauvreté.

"J'ai (...) décidé que la prochaine étape de la revalorisation exceptionnelle du RSA de 10% en cinq ans interviendra comme prévu le 1er septembre 2014".

Le gel contesté du point d'indice des fonctionnaires est confirmé, mais il "fera l'objet d'un réexamen chaque année au regard de la croissance et des résultats du redressement économique de notre pays".

Le chef de file des députés socialistes Bruno Le Roux, qui a été reçu lundi matin par Manuel Valls à la tête d'une délégation, a salué des "annonces fortes" de justice sociale.

Pour autant, les assouplissements gouvernementaux n'ont pas convaincu les plus réfractaires.

DES DEPUTÉS RESTENT SUR LEUR FAIM

Des élus PS jugent que le rythme de réduction des déficits est trop rapide et que la politique sociale est sacrifiée au profit des baisses de charges pour les employeurs (30 milliards d'euros dans le cadre du "Pacte de responsabilité").

"Pour les députés comme moi, ça ne changera pas le vote qu'on a prévu, c'est-à-dire l'abstention", a déclaré à Reuters Laurent Baumel, l'un des animateurs des contestataires.

Christian Paul concède "quelques avancées" mais prévient que le mouvement d'abstention, mardi, "sera un vote d'alerte".

"On est plusieurs à considérer que le compte n'y est pas tout à fait et à vouloir avoir la capacité de peser sur la suite des opérations", a ajouté Jérôme Guedj avant une réunion du bureau national du PS sur le programme gouvernemental.

Au terme d'un débat "serein", la dispositif a été approuvé par 31 voix pour, 15 contre et une abstention, a déclaré Olivier Faure, porte-parole du PS, lors d'une conférence de presse à l'issue du bureau national.

"Comme tous les votes au 'BN', il n?est pas seulement indicatif, il engage la formation. Nous entendons que les parlementaires prennent en compte ce qui a été décidé au bureau national. Nous souhaitons que la majorité, l?immense majorité, la quasi-totalité adopte ce plan", a ajouté Carlos Da Silva, autre porte-parole.

Pouria Amirshahi, représentant de l'aile gauche du PS, salue "des gestes bienvenus en direction des plus fragiles qui montrent que notre exigence fut indispensable" mais maintient son opposition au plan triennal et au pacte de responsabilité.

"Affaiblir les capacités d'investissement de la puissance publique de 50 milliards, et maintenir 30 milliards de baisses des cotisations sans conditions reste une erreur majeure", dit-il dans un communiqué.

Pour Olivier Faure, "si on est honnête, on ne peut pas demander autre chose". "C'est plus que des aménagements. Sur l'ensemble de ce qui a été engagé dans le dialogue, nous avons été entendus", a-t-il dit.

Onze députés socialistes s'étaient abstenus le 8 avril lors du vote de confiance au gouvernement de Manuel Valls.

Des responsables du PS craignaient que ce chiffre ne dépasse la quarantaine mardi, seuil de "catastrophe", mais plusieurs élus jugent que "cela devrait redescendre en dessous de vingt".

Selon Karine Berger, les mesures annoncées par le Premier ministre représentent entre 1,5 et 2 milliards d'euros.

"J'ai demandé l'avis des militants: pour l'instant, les première remontées me disent que c'est assez pour voter", a-t-elle dit à des journalistes.

(Julien Ponthus avec Emile Picy et Gregory Blachier, édité par Sophie Louet)

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  • mlaure13 le lundi 28 avr 2014 à 23:53

    Tout ça c'est du pipeau...de la poudre aux yeux...gagner du temps, encore du temps, pour avoir droit à une bonne retraite dorée bien méritée, style notre Ayrault national, avec à ce jour , plus de 200 000 € par AN jusqu'à sa mort... il faut vite leurs cou-per la tê-te !!!...

  • 300CH le lundi 28 avr 2014 à 20:31

    Lien: http://pasidupes.blogspot.fr/2014/04/le-vrai-visage-de-manuel-valls.html

  • 300CH le lundi 28 avr 2014 à 20:30

    Le livre dérangeant d'un nationaliste: L’histoire de Vals de Vienne est une espèce de bluff très largement reconstruit. En moins de trois ans, Vals de Vienne est passé de l’anonymat (5,6 % lors de primaire socialiste de 2011) à Matignon. Le livre d' Emmanuel Ratier, intitulé Le Vrai Visage de Vals de Vienne, tente de fournir les clés de cette ascension qui en surprend plus d'un.

  • 300CH le lundi 28 avr 2014 à 20:29

    ./.. le vrai visage de Vals de Vienne: Issu de la plus haute bourgeoisie catalane par son père et d’une famille suisse enrichie dans le trafic de l’or par sa mère, ce fils d’un célèbre peintre catalan nullement anti-franquiste a grandi dans un milieu huppé, dans une maison située en face de l’île Saint-Louis. Ce qui lui a permis de fréquenter le gratin des beaux-arts, mais aussi de la politique.

  • M3182284 le lundi 28 avr 2014 à 20:29

    lache. Au premier élan corporatiste, il baisse son froc. ça promet à la fin de l'année.

  • M4841131 le lundi 28 avr 2014 à 18:47

    Les retraités qui touchent moins de 1200 euros par mois seraient épargnés alors que les fonctionnaires les plus modestes devraient gagner 440 euros de salaire net annuel. ==>> c'est à combien un fonc modeste, là, encore, enfumage pour le privé , bande de fu.miers de socialo

  • frk987 le lundi 28 avr 2014 à 18:38

    Manolo demago......

  • M156470 le lundi 28 avr 2014 à 17:45

    FITTOTO -- En cela, il obéit à GRANULé comme disent les paysans... Traduction : GRAS-NUL & LAID !

  • M5647540 le lundi 28 avr 2014 à 15:54

    "Des élus PS jugent que le rythme de réduction des déficits est trop rapide " Il est proprement scandaleux de lire une telle phrase, mais ce n'est pas grave, c'est brave contribuable vont payer, comme ils le font depuis des dizaines d'années, pour tous les profiteurs et politiques (pléonasme ?) de ce pays.

  • pichou59 le lundi 28 avr 2014 à 15:34

    QUAND VALLS VA TAPER SUR CES PROFITEURS costard cravate, pilleurs de la République?????? - il préfère taper sur les FRANCAIS MOYENS!!!!!

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