Manuel Valls choqué d'entendre Mohamed Merah à la télévision

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Manuel Valls choqué d'entendre Mohamed Merah à la télévision
Manuel Valls choqué d'entendre Mohamed Merah à la télévision

PARIS (Reuters) - La première diffusion à la télévision française de la voix de Mohamed Merah, qui a tué en mars sept personnes à Toulouse en se réclamant d'Al Qaïda, a choqué dimanche le ministre de l'Intérieur Manuel Valls.

TF1 a diffusé dans l'émission de reportages "Sept à huit" des extraits des enregistrements réalisés par les policiers qui discutaient avec le jeune Français le 21 mars lors du siège de son logement qui devait conduire le lendemain à sa mort. Il avait tué trois militaires à Toulouse et Montauban puis trois enfants juifs et un rabbin dans une école de Toulouse.

"Je sais que vous risquez de m'abattre, c'est un risque que je prends. Donc voilà, sachez qu'en face de vous, vous avez un homme qui n'a pas peur de la mort. Moi la mort, je l'aime comme vous vous aimez la vie", dit notamment Mohamed Merah au négociateur.

Le contenu de ces propos était déjà connu. Mohamed Merah explique par ailleurs au policier avoir bien commis les sept meurtres et assure avoir agi dans le cadre d'une mission qu'il estime avoir reçue d'Al Qaïda lors d'un voyage en zone pakistano-afghane.

Manuel Valls s'étonne dans un communiqué de la diffusion de ces enregistrements, couverts par le secret de l'instruction, puisque l'enquête sur les meurtres se poursuit. Le frère de Merah est actuellement écroué.

"(Le ministre de l'Intérieur) regrette cette diffusion au moment même où la justice est saisie. Aucune précaution n'a été prise pour respecter les familles des victimes. Le ministre précise, enfin, qu'un enregistrement des conversations a bien été réalisé par les services de police, mais qu'il n'a jamais été rendu public", écrit-il.

"Il convient donc de s'interroger sur les moyens par lesquels le diffuseur a pu se procurer le dit enregistrement", ajoute-t-il.

Le père algérien de Mohamed Merah, qui a porté plainte en estimant que son fils avait été victime d'une exécution au motif qu'il risquait de révéler qu'il avait travaillé pour les services de renseignement français, dit être en possession d'autres enregistrements.

Ils montreraient tout autre chose, Mohamed Merah évoquant selon lui ce service rendu à la France. Cependant, malgré des promesses en ce sens, ces supposés enregistrements n'ont jamais été remis au parquet de Paris.

Le parquet a donc mis en doute leur existence, en soulignant que Mohamed Merah, à la différence des policiers, n'a pas pu matériellement faire d'enregistrements sonores ou vidéo lors du siège, car aucun moyen d'enregistrement n'a été retrouvé en sa possession.

Même si elle rejette la théorie d'un complot contre lui, la justice française enquête toujours sur l'appréhension par le renseignement de Mohamed Merah, 15 fois condamné dans sa jeunesse.

Il est en effet établi que Mohamed Merah était connu des services de renseignement français mais ces derniers semblent n'avoir jamais identifié en lui un danger potentiel, bien qu'ils l'aient interrogé à son retour d'Afghanistan fin 2011.

Thierry Lévêque, édité par Hélène Duvigneau

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