Manuel Valls chahuté à Nantes au congrès de l'habitat social

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    * Des militants interrompent le discours du Premier ministre 
    * Ils protestent contre la réforme des aides au logement 
    * Valls défend le bilan du gouvernement 
 
    NANTES, 27 septembre (Reuters) - Manuel Valls a été chahuté 
mardi par des militants de la Confédération Nationale du 
Logement (CNL), qui ont bruyamment interrompu son discours au 
77e congrès de l'Union sociale de l'habitat (USH) à Nantes 
(Loire-Atlantique), l'instance représentative des organismes HLM 
français. 
    Ils entendaient protester contre le nouveau "coup de rabot" 
porté aux APL (Aides personnalisées au logement), qui "menacent 
650.000 foyers" selon eux.  
    Le projet gouvernemental, qui entend inclure les livrets 
d'épargne et les maisons familiales dans le calcul des aides, 
sera discuté dans le cadre de la loi de finances 2017. 
    Après avoir hué l'arrivée du Premier ministre, les militants 
de la CNL ont ainsi brandi des panneaux "APL rabotées ça 
suffit", en scandant pendant plusieurs minutes "Locataires en 
colère" alors que le Premier ministre parlait à la tribune. 
    "Cette mesure ne concerne pas ceux qui ont un petit 
patrimoine, en dessous de 30.000 euros, ni les personnes âgées 
en EHPAD ni celles en situation de handicap", a dit le chef du 
gouvernement en ajoutant qu'il s'agissait de baisser les APL de 
ceux qui ont un patrimoine supérieur pour rétablir l'équilibre.  
  
     
    "CASSER LES LOGIQUES DE SÉGRÉGATIONS" 
    Le Premier ministre a par ailleurs rappelé les mesures 
"fortes" prises en faveur du logement social depuis l'arrivée de 
François Hollande à l'Elysée. 
    "471.000 nouvelles constructions de logements sociaux ont 
été financées, c'est-à-dire 120.000 par an en moyenne", a 
insisté le chef du gouvernement. "Les chiffres sont 
particulièrement bons en Ile-de-France, qui concentre à elle 
seule la moitié des demandes... C'est sans précédent." 
    "J'en fais un combat personnel : il faut frapper encore plus 
fort pour casser les logiques de ségrégation, ce que j'avais 
appelé un apartheid social, territorial et ethnique", a 
également déclaré Manuel Valls.  
    "La République, c'est la solidarité et l'effort partagé 
entre tous les territoires C'est vrai quand il s'agit 
d'accueillir des migrants sur notre territoire : personne ne me 
fera croire qu'accueillir 9.000 migrants de Calais n'est pas 
possible dans un pays moderne comme le nôtre." 
    François Hollande a annoncé lundi à Calais la fermeture 
d'ici la fin de l'année du campement où s'entassent quelque 
9.000 migrants, qui seront accueillis dans des centres 
d'orientation répartis dans tout le pays.   
    A Nantes, le Premier ministre a également fustigé les 
résistances de certaines communes aisées à respecter les quotas 
de logements imposés par la loi SRU (Solidarité et 
Renouvellement Urbain). 
    "C'est facile de pointer les fractures de notre société, de 
parler de nation et de cohésion, mais il arrive un moment où il 
faut parler de concret", a dit Manuel Valls.  
 
 (Guillaume Frouin, édité par Yves Clarisse) 
 
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