Manuel de survie en situation de chantage

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Manuel de survie en situation de chantage
Manuel de survie en situation de chantage

Toutes les séries policières, et même notre président, le répètent : on ne négocie pas avec les malfaiteurs. Quitte à parfois se retrouver avec une affaire gênante sur la place publique. Maître Avi Bennetton et maître Nelson De Oliveira, avocats au barreau de Paris, décortiquent l'affaire "Valbuena".

Déjà, est-ce que vous avez eu des affaires similaires en tant qu'avocats ? Oui, nous avons eu trois affaires de ce type sur la seule année 2015. Les clients étaient venus nous voir alors qu'ils venaient de faire l'objet d'une tentative de chantage. Ils n'avaient donc versé aucune somme aux maîtres-chanteurs.
Quelle est la bonne manière de se défaire d'un chantage ? Nous adressons en règle générale une lettre d'avocat au maître-chanteur, par laquelle nous le mettons en demeure de cesser ses agissements et l'informons du dépôt d'une plainte au procureur de la République en cas d'exécution de ses menaces. Dans nos trois affaires, nous n'avons jamais eu de retour des maîtres-chanteurs, ni d'exécution des menaces. En matière pénale, il est nécessaire de pouvoir étayer une plainte par des éléments de preuves matérielles pour obtenir une condamnation. Si le client vient nous voir avec des enregistrements en sa possession ou des messages écrits de tentative de chantage, nous lui conseillerons de les faire constater par voie d'huissier, afin que l'authenticité des preuves soit incontestable et pour pouvoir inviter le procureur de la République à ouvrir une enquête.
Du coup, est-ce que Mathieu Valbuena a bien agi ? Compte tenu des informations rendues publiques sur cette affaire, il semble que Mathieu Valbuena a eu raison de confier à ses avocats le soin d'adresser une plainte au procureur de la République pour ces faits.
Et comment ça se fait que cette histoire se retrouve sur la place publique ? En matière pénale, il existe un principe essentiel de secret de l'enquête judiciaire. Cependant, nous constatons quotidiennement des fuites dans des dossiers dits "médiatiques". Il est souvent difficile, voire impossible de déterminer la source ayant révélé cette information. À la suite de ces révélations, le procureur de la République a dû faire un communiqué pour préciser les charges retenues dans cette affaire (chantage et participation à une association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un délit), la date de la plainte pénale (31 juillet 2015) et surtout l'ouverture à prévoir d'une instruction correctionnelle : présentation devant un juge d'instruction envisagée pour les trois personnes…



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