Manifestations sporadiques dans une douzaine de villes au Brésil

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MANIFESTATIONS SPORADIQUES AU BRÉSIL
MANIFESTATIONS SPORADIQUES AU BRÉSIL

par Pedro Fonseca et Sergio Moraes

SALVADOR/BELO HORIZONTE, Brésil (Reuters) - Des manifestations sporadiques ont eu lieu samedi dans une douzaine de villes brésiliennes, signe d'un fléchissement de la mobilisation après une semaine de protestations quotidiennes et deux jours après l'éclatement de violences en marge de gigantesques rassemblements.

A Salvador, qui accueillait une rencontre Brésil-Italie dans le cadre de la Coupe des Confédérations, les manifestants se sont en grande partie tenus à l'écart du stade, même si des affrontements ont éclaté avec la police.

Des heurts ont également éclaté à Belo Horizonte, dans le centre-est du pays, en marge d'un match Mexique-Japon. Près de 66.000 manifestants ont défilé dans les rues de la ville pour protester contre l'organisation de la Coupe du monde de football 2014 par le Brésil, considérée comme un gaspillage de l'argent public quand la qualité des services publics laisse encore à désirer.

La police anti-émeute a fait usage de grenades lacrymogènes contre des manifestants qui avaient pénétré à l'intérieur d'un périmètre de sécurité et se dirigeaient vers le stade.

Les autres rassemblements se sont déroulés en grande partie dans le calme. Près de 30.000 personnes ont défilé avenue Paulista, à Sao Paulo, pour protester contre un projet de loi qui prévoit de limiter les pouvoirs du parquet pour enquêter, entre autres, sur des affaires de corruption.

SIGNES D'ESSOUFFLEMENT

A Rio de Janeiro, où 300.000 personnes avaient défilé jeudi, seule une poignée de contestataires s'est rassemblée samedi, certains devant la résidence du gouverneur Sergio Cabral, dans le quartier chic de Leblon.

Dans la capitale Brasilia, quelque 4.000 personnes se sont réunies pour une "marche des salopes" de défense des droits femmes, tandis qu'un petit groupe a protesté contre l'utilisation de l'argent public pour construire les stades qui accueilleront la Coupe du monde 2014.

Le mouvement de contestation est parti le 13 juin d'une petite manifestation violemment réprimée par la police contre la hausse des tarifs des transports publics à Sao Paulo.

Face à cette répression, la contestation a brusquement pris de l'ampleur, mobilisant une foule d'étudiants ainsi qu'une partie de la classe moyenne. Elle s'est dirigée pêle-mêle contre le coût de la vie, la corruption et les milliards de dollars dépensés pour l'organisation de la Coupe du monde au détriment d'investissements dans la santé ou l'éducation.

Un projet de loi sur la "guérison des homosexuels", qui permet aux psychologues de traiter l'homosexualité comme une maladie, a également alimenté la colère.

La présidente du Brésil, Dilma Rousseff, a promis vendredi d'entamer un dialogue avec le mouvement de contestation, et annoncé des réformes pour améliorer la qualité des services publics. Elle a également condamné vigoureusement toute forme de violence.

Pedro Fonseca et Sergio Moraes; Hélène Duvigneau pour le service français

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