Manifestations sous tension en République serbe de Bosnie

le
0
 (Ajoute déclarations, chiffres §4-7) 
    BANJA LUKA, Bosnie, 14 mai (Reuters) - Des milliers de 
personnes séparées par des cordons de police se sont rassemblées 
samedi à Banja Luka, la capitale de la république autonome serbe 
de Bosnie, pour soutenir ou dénoncer le gouvernement du 
président Milorad Dodik.  
    Les autorités ont interdit aux manifestants de défiler dans 
les rues par crainte d'affrontements.  
    Les autorités bosno-serbes ont tenté en vain de dissuader 
l'opposition de manifester. Le parti de Dodik, l'Alliance des 
sociaux-démocrates indépendants (SNSD), a par la suite organisé 
une contre-manifestation.  
    "Nous devons lutter pour notre Etat", a lancé Milorad Dodik 
à quelque 10.000 partisans, certains brandissant le portrait de 
Vladimir Poutine. "Nous voulons la paix. Aujourd'hui, nous 
défendons la république contre la trahison." 
    Dans la foule pro-Dodik, on pouvait apercevoir Darko Mladic, 
fils de l'ancien chef militaire des Serbes de Bosnie pendant la 
guerre des années 1990 Ratko Mladic, actuellement jugé pour 
crimes de guerre au Tribunal pénal international de La Haye. 
    Devant les opposants, qui ont réuni environ le même nombre 
de manifestants, c'est la fille de Radovan Karadzic, l'ex-chef 
politique bosno-serbe, condamné en mars pour génocide à La Haye, 
qui a pris la parole. 
    "On n'est pas en Sicile. On en a assez des parrains", 
pouvait-on entendre parmi les protestataires réclamant des 
élections anticipées, des réformes économiques et des enquêtes 
sur des "assassinats politiques" et des affaires de corruption. 
    Le climat politique est tendu depuis des semaines en 
Republika Srpska à l'approche d'élections programmées en 
octobre.  
    Depuis les élections législatives de 2014 en Bosnie, qui 
regroupe la République serbe et la Fédération croato-musulmane, 
la République serbe est représentée au sein du gouvernement 
bosniaque à Sarajevo par l'Alliance pour le changement, 
réformiste et pro-européenne.  
    Milorad Dodik, qui ne conserve le contrôle que de la seule 
République serbe, est accusé par l'opposition de corruption et 
d'autoritarisme. Il a fait l'objet d'enquête pour détournement 
de fonds mais n'a jamais été inculpé.  
    "J'en ai marre de vivre comme un chien. J'étais dans une 
tranchée quand ils passaient leur temps à s'enrichir", explique 
Zivko Josic, un ancien soldat au chômage. "Je soutiens 
l'opposition pour que les choses s'améliorent." 
    Le président bosno-serbe, favorable à des liens plus étroits 
avec la Russie, accuse de traîtrise les partisans d'un 
rapprochement avec l'Union européenne.  
    Depuis son accession au pouvoir avec le soutien des 
Occidentaux il y a dix ans, Milorad Dodik a adopté une 
rhétorique de plus en plus nationaliste avec l'objectif 
d'accroître l'autonomie de la République serbe et d'affaiblir 
les institutions de Sarajevo en bloquant l'adoption de lois au 
parlement national bosniaque.  
 
 (Daria Sito-Sucic, Gordana Katana; Jean-Stéphane Brosse pour le 
service français) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant