Manifestations des partisans du mariage gay

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PARIS (Reuters) - Les associations homosexuelles appuyées par des personnalités ont manifesté dimanche à Paris et dans plusieurs villes de France pour défendre le projet de loi ouvrant le mariage et l'adoption aux couples de même sexe.

Ce texte, l'une des réformes sociétales les plus importantes en France depuis l'abolition de la peine de mort en 1981, a été présenté le 7 novembre en conseil des ministres et doit être soumis à l'Assemblée nationale à partir du 29 janvier.

A Paris, le cortège de plusieurs milliers de personnes est parti en début d'après-midi de la place de la Bastille, portant des pancartes où on lisait : "des droits pour nos enfants", "Dieu dit du bien de nous".

La ministre du Logement écologiste Cécile Duflot était présente dans le cortège auquel les élus et ministres socialistes se sont abstenus de participer.

Le Parti socialiste devait être représenté dans ce cortège organisé avec associations, syndicats, collectifs d'hétérosexuels, comme "Hétéros solidaires", élus d'Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), du PCF et du Parti de Gauche.

Des manifestations étaient prévues dans les principales grandes villes françaises.

Le texte est soutenu par la gauche et combattu par la droite, malgré les avis contraires de personnalités comme l'ancienne ministre Chantal Jouanno et le député Franck Riester. Les représentants des cultes monothéistes combattent ce projet qui, à leurs yeux, dévoient le sens du mariage.

Les sondages montrent que si les Français sont favorables très majoritairement au mariage homosexuel, ils sont plutôt opposés à l'instauration du droit à l'adoption.

Déjà vif, le débat a pris un tour nouveau mercredi avec la décision de François Hollande de laisser le Parlement décider d'une éventuelle intégration du droit à la procréation médicalement assistée (PMA) pour les homosexuels.

APPEL À PARTICIPER "MASSIVEMENT"

Les partisans du mariage pour tous entendent ne pas laisser le monopole de la rue à l'UMP.

Le 17 novembre, plus de 100.000 personnes avaient manifesté en France contre le projet de loi. Le président proclamé et contesté de l'UMP, Jean-François Copé, a appelé à une nouvelle manifestation le 13 janvier à Paris pour dénoncer un projet qui selon lui remet "en cause des fondements de la famille".

Pour Nicolas Gougain, porte-parole de l'Inter-LGBT, cette mobilisation a provoqué "un électrochoc".

"Il y a eu un deuxième électrochoc lorsque François Hollande a parlé de liberté de conscience" pour les maires qui refuseraient de célébrer des mariages entre personnes de même sexe", estime-t-il.

Les déclarations du chef de l'Etat avaient suscité l'indignation des organisations de défense des homosexuels et il était par la suite revenu sur ces propos en assurant que la loi devait s'appliquer "partout, dans toutes les communes."

La question de la PMA a relancé les hostilités.

Le gouvernement avait initialement prévu d'introduire la PMA aux couples de femmes homosexuelles dans une future loi sur la bioéthique l'année prochaine.

Face aux inquiétudes exprimées par les associations opposées au projet de loi, Dominique Bertinotti a par ailleurs dit vendredi que la gestation pour autrui (GPA, les "mères porteuses") ne serait pas débattue lors de l'examen du texte au Parlement.

Dans des déclarations susceptibles de fournir des arguments aux opposants, le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a exprimé jeudi des doutes sur le projet de loi qui contient selon lui "de nombreuses incertitudes juridiques préjudiciables" à tous les enfants.

Si le texte met fin à des "situations d'inégalités ou de discriminations indirectes en ouvrant le mariage à des personnes du même sexe", le projet part de revendications exprimées par les adultes et "la question des enfants n'est traitée que par voie de conséquence", a-t-il déploré.

Thierry Lévêque avec Marine Pennetier, Morade Azzouze et Pauline Mevel, édité par Pascal Liétout

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