Manifestations contre l'austérité en France

le
4
MOBILISATION CONTRE L'AUSTÉRITÉ EN FRANCE
MOBILISATION CONTRE L'AUSTÉRITÉ EN FRANCE

PARIS (Reuters) - Comme dans de nombreux pays européens, des milliers de salariés français sont descendus mercredi dans la rue pour dire non aux politiques d'austérité.

Plus de 130 manifestations étaient annoncées mais les rangs des manifestants étaient souvent clairsemés.

Des grèves générales ont eu lieu simultanément en Espagne, au Portugal, en Grèce et en Italie, ainsi que des manifestations ou actions dans une quinzaine d'autres pays, à l'appel de la Confédération européenne des syndicats (CES).

En France, il s'agissait de la première mobilisation commune CGT-CFDT, avec le renfort de l'Unsa, de Solidaires et de la FSU, depuis l'arrivée de la gauche au pouvoir.

Plusieurs milliers de personnes ont défilé en début d'après-midi à Paris des abords de Montparnasse vers le siège du Medef, le syndicat patronal, dans le 7e arrondissement, avec pour slogan "Non à l'austérité, oui à l'Europe sociale".

"Nous voulons un espace européen où le progrès social soit à l'ordre du jour des sommets des chefs d'Etat. L'Europe est un moins-disant social alors qu'elle devrait être un plus", a déclaré le dirigeant de la CGT, Bernard Thibault.

Présent également au départ du cortège, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT, a plaidé pour une relance européenne.

"Pensons européen, essayons de sortir des solutions nationales, qui deviennent dans certains pays malheureusement nationalistes, faisons en sorte que cette relance soit européenne", a-t-il dit.

"TROP DANGEREUX POUR LE SOCIAL"

François Hollande a estimé mardi que les mots d'ordre de ces manifestations n'étaient pas dirigés contre le gouvernement et soutenaient sa demande d'une politique de croissance.

"Je considère que les manifestations ne vont pas mettre en cause nos politiques mais plutôt les soutenir", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

Mais pour François Chérèque, le mouvement vise bien à interpeller les chefs d'Etat européens.

"Cette manifestation est pour dire aux chefs d'Etat européens, collectivement, 'Vous ne pouvez pas imposer de la rigueur de ce type, c'est trop dangereux pour l'économie, surtout dangereux pour le social'", a-t-il dit sur France inter.

Très critique envers le pacte de compétitivité de 20 milliards d'euros d'aides aux entreprises, Bernard Thibault a estimé que la politique du gouvernement socialiste n'était "pas suffisamment en rupture" avec celle de Nicolas Sarkozy.

En province, les syndicats n'ont pas fait le plein.

Plus de 5.000 personnes, selon les syndicats, et 1.500 d'après la police, ont défilé à Nantes et 2.000 à 3.000 à Marseille.

Mais les manifestants n'étaient que 1.000 à Toulon, 500 à Strasbourg, et 500 à 700 à Rennes.

Des dirigeants et militants du Parti communiste et du Parti de gauche, qui devait organiser dans la soirée un meeting politique de protestation et de propositions dans dix villes de France, se sont joints aux cortèges.

Jean-Luc Mélenchon, le dirigeant du Parti de gauche, a accusé François Hollande de s'être rallié sans conditions à l'idéologie libérale en fustigeant les dépenses publiques et en ordonnant un plan massif de baisse d'impôts pour les entreprises.

"Pour la première fois, un homme de gauche dit à la télévision que l'Etat dépense trop, qu'il faut contracter la demande et surtout on entend une chose que peut-être seuls les spécialistes suivent vraiment, c'est que désormais la gauche se réclame la politique de l'offre", a-t-il dit sur France 2.

Gérard Bon, avec les correspondants de province, édité par Sophie Louet

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • v.mart10 le mercredi 14 nov 2012 à 16:44

    moi je vais manifester contre la pluie.......

  • M6749774 le mercredi 14 nov 2012 à 16:24

    Ces braves gens qui sont manipulés ne comprennent pas que nous vivons au-dessus de nos moyens depuis trop longtemps. Ces grèves et manipulations sont totalement politiques.

  • M2280901 le mercredi 14 nov 2012 à 16:03

    puisqu'on vous dit qu'il n'y a pas d'austérité ! juste 62 taxes en plus et une augmentation des impôts

  • Lapioche le mercredi 14 nov 2012 à 16:02

    la vraie droite va avoir un boulevard, surtout si elle laisse tomber Copé collé

Partenaires Taux