Manifestations au Brésil pour la démission de Dilma Rousseff

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 (Chiffres actualisés §4-5) 
    RIO DE JANEIRO/BRASILIA, 13 mars (Reuters) - Des dizaines de 
milliers de personnes ont défilé dimanche dans les grandes 
villes du Brésil pour exiger le départ de la présidente Dilma 
Rousseff, menacée par une procédure de destitution sur fond de 
scandales de corruption, de crise économique et d'incertitude 
politique. 
    "Dilma dehors", "assez de corruption", proclamaient les 
banderoles brandies par les manifestants. 
    "Ce gouvernement ne peut plus rester en place. Ce n'est pas 
une lutte entre les pauvres et les riches, c'est un combat 
contre la corruption", déclarait Andre Cerqueira, un ingénieur 
qui défilait à Rio de Janeiro. 
    Les autorités n'ont fourni aucune estimation du nombre de 
manifestants au niveau national, mais selon deux sources 
gouvernementales, les rassemblements pourraient avoir été plus 
importants que les manifestations antigouvernementales de mars 
2015, qui avaient réuni plus d'un million de personnes.  
    A Brasilia, la capitale, les manifestants, qui étaient 
100.000 selon la police, ont promené une effigie de l'ancien 
président Luiz Inacio Lula da Silva, mis en cause dans une 
affaire de blanchiment d'argent, portant une tenue rayée de 
bagnard. 
    Devant la maison de Lula, dans la banlieue de Sao Paulo, des 
partisans du Parti des travailleurs (PT) et du gouvernement 
montaient la garde, brandissant des pancartes où on pouvait 
lire: "il n'y aura pas de coup d'Etat". 
    Vendredi,  Dilma Rousseff a affirmé qu'il n'y avait aucun 
motif légal de la pousser à démissionner. Elle a ajouté qu'elle 
serait fière d'avoir comme ministre dans son gouvernement 
l'ancien président Lula, visé dans le cadre d'une enquête menée 
par le procureur de Sao Paulo pour blanchiment d'argent et 
falsification d'identité.   
    Selon un sénateur du Parti des travailleurs au pouvoir, des 
pots-de-vin provenant de contrats surfacturés liés à la 
construction du barrage hydroélectrique de Belo Monte, en 
Amazonie, ont servi au financement des campagnes électorales 
2010 et 2014 de Dilma Rousseff, rapporte le magazine IstoE. 
  
    Si le témoignage de Delcidio do Amaral est confirmé et 
considéré comme un élément de preuve, la crise politique 
menaçant d'emporter Dilma Rousseff risque de s'aggraver encore. 
 
 (Rodrigo Viga et Alonso Soto; Guy Kerivel et Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 

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