Manifestations au Brésil après l'arrivée de Lula au gouvernement

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    par Alonso Soto et Caroline Stauffer 
    BRASILIA/SAO PAULO, 17 mars (Reuters) - Des manifestants se 
sont rassemblés mercredi dans plusieurs villes du Brésil pour 
protester contre la nomination par la présidente Dilma Rousseff 
de son prédécesseur Luiz Inacio Lula da Silva à un poste 
gouvernemental. 
    Ces rassemblements font suite à la divulgation d'un 
enregistrement téléphonique accréditant, selon ces opposants, 
l'hypothèse d'une nomination destinée à éviter à Lula des 
poursuites judiciaires. 
    La police a fait état de 2.500 manifestants rassemblés 
devant le palais présidentiel à Brasilia, la capitale, tandis 
qu'à Sao Paulo, une manifestation s'est formée sur la grande 
avenue Paulista. 
    Plusieurs dizaines de parlementaires d'opposition ont 
interrompu une séance du Congrès pour réclamer la démission de 
Dilma Rousseff. 
    Cette dernière a nommé Luiz Inacio Lula da Silva, qui fut 
son mentor, au poste de chef du secrétariat du gouvernement, 
selon un décret paru au journal officiel. Lula dispose ainsi 
d'une immunité à l'égard des instances judiciaires, à 
l'exception de la Cour suprême, alors que le parquet fédéral l'a 
inculpé de blanchiment d'argent et de fraude et a réclamé son 
arrestation.   
    Dans un document judiciaire rendu public mercredi, le juge 
fédéral Sergio Moro, qui supervise la vaste enquête pour 
corruption éclaboussant une partie de la classe politique, dont 
le Parti des travailleurs (PT) au pouvoir, fait état d'une 
conversation téléphonique montrant que Dilma Rousseff et Lula 
envisageaient de chercher à influencer le cours de son enquête. 
    "J'observe que, dans certains dialogues, ils parlent de, 
apparemment, chercher à influencer ou à obtenir une aide de la 
part de procureurs ou de tribunaux en faveur de l'ancien 
président", écrit le juge Moro dans ce document publié sur le 
site internet de sa juridiction fédérale. 
     
    RISQUES DE "CONVULSION SOCIALE" 
    Il ajoute qu'aucun élément ne permet d'affirmer qu'une 
tentative d'obstruction à la justice a effectivement eu lieu. 
Dans cet enregistrement rendu public par le tribunal, Dilma 
Rousseff propose aussi d'adresser à Lula une copie du décret 
portant sur sa nomination, "au cas où il serait nécessaire". 
    Dilma Rousseff a expliqué que Lula rejoignait le 
gouvernement pour partager son expérience politique, notamment 
en matière de lutte contre l'inflation et de stabilité 
budgétaire, alors que, six ans après son départ, l'ancien 
président reste populaire auprès des classes défavorisées pour 
ses politiques sociales et de réduction des inégalités. 
    Dilma Rousseff a souligné que cette nomination ne préservait 
pas Lula de toute enquête et qu'il pouvait faire l'objet de 
poursuites de la part de la Cour suprême. 
    L'avocat de Lula a dénoncé la publication de 
l'enregistrement téléphonique, susceptible, selon lui, de 
provoquer une "convulsion sociale". 
    Dilma Rousseff est elle-même vivement contestée, sur fond de 
récession économique et d'inflation. Des centaines de milliers 
de personnes, jusqu'à trois millions selon certaines 
estimations, ont manifesté dimanche dans les grandes villes du 
Brésil pour exiger le départ de la présidente, par ailleurs 
menacée par une procédure de destitution au Congrès. 
  
    Ses opposants accusent Dilma Rousseff de manipulation des 
comptes publics pour favoriser sa réélection pour un second 
mandat de quatre ans en 2014. 
    Qu'il s'agisse du scandale de corruption autour de Petrobras 
 PETR4.SA , la compagnie pétrolière publique, ou de ces 
accusations sur la campagne présidentielle de 2014, Dilma 
Rousseff et Lula démentent toute malversation. 
 
 (Avec Anthony Boadle à Brasilia et Guillermo Parra-Bernal à Sao 
Paulo; Bertrand Boucey pour le service français) 
 

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