Manifestation sans débordements contre la loi Travail à Paris

le , mis à jour à 18:53
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    * 95 interpellations en amont du cortège 
    * Parcours en boucle de Bastille à Bastille 
    * "Nous irons jusqu'au bout", affirme François Hollande 
 
 (Actualisé avec Bernard Cazeneuve) 
    par Ingrid Melander 
    PARIS, 23 juin (Reuters) - Les opposants au projet de loi 
Travail, CGT et Force ouvrière en tête, ont organisé jeudi une 
nouvelle journée de mobilisation sans incident majeur, au 
lendemain d'un accès de fièvre déclenché par l'interdiction du 
défilé parisien finalement autorisé par le gouvernement. 
    Dans toute la France, environ 70.000 personnes ont manifesté 
dans 120 rassemblements et défilés, un nombre en deçà de la 
précédente mobilisation du 14 juin, selon le ministère de 
l'Intérieur. Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT 
a revendiqué pour sa part "plus de 200.000 manifestants".   
    Dans la capitale, 60.000 personnes ont manifesté dans le 
calme sur le parcours en boucle imposé par les autorités, selon 
la CGT et Force ouvrière. Ils étaient entre 19.000 et 20.000, 
selon la préfecture de police.  
    Les manifestants étaient tenus à un aller-retour d'un peu 
plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec 
interdiction de s'écarter de cet itinéraire très surveillé. 
Aucun débordement n'a été signalé. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, s'est réjoui 
des "conditions optimales" dans lesquelles les manifestants ont 
défilé. 
    "Il n'y a pas eu de casse, il n'y a pas eu du tout de 
heurts, il n'y a pas eu une grenade lacrymogène de lancée, il 
n'y a pas eu un blessé", a-t-il dit à la presse. 
    La préfecture de police, qui avait invoqué la crainte de 
débordements semblables à ceux du 14 juin pour interdire le 
défilé, avait pris des mesures de sécurité renforcées, avec le 
déploiement de plus de 2.000 membres des forces de l'ordre et 
l'installation de grilles autour de la place de la Bastille. 
    En amont et au départ de la manifestation, 95 personnes 
contrôlées notamment avec des objets pouvant servir de 
projectiles ont été interpellées, a-t-on appris auprès de la 
préfecture. 
    Les syndicats ont également renforcé leur propre service 
d'ordre. 
    "Aucune violence, aucun débordement ne sera toléré", avait 
prévenu mercredi le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, 
après avoir trouvé un compromis in extremis avec la CGT et FO 
sur l'itinéraire de jeudi.     
    Les manifestants, dont beaucoup regrettaient le parcours 
circulaire imposé par les autorités, ont affirmé leur 
détermination à obtenir le retrait de la loi Travail.  
    "Je suis là contre le gouvernement, contre Hollande et Valls 
qui font n'importe quoi", a déclaré Augustin, 32 ans, qui a 
rejoint la CGT il y a un an. 
     
    "ON VERRA À LA RENTRÉE" 
    "Etat policier, on ne nous empêchera pas de manifester", 
scandaient des manifestants défilant derrière des drapeaux du 
syndicat Sud.  
    "Tout le monde déteste : la loi Travail, le capitalisme, le 
Medef, l'Etat policier, le gouvernement", pouvait-on lire sur 
une bannière accrochée au pied de la Colonne de Juillet, place 
de la Bastille. Ou encore, cette banderole : "Ce que le pouvoir 
fait, la rue peut le défaire". 
    Dans le même temps, une centaine de personnes ont mené une 
manifestation sauvage devant le palais Brongniart, place de la 
Bourse, dans le 2e arrondissement, avant de se disperser.  
    A Marseille, 2.840 personnes ont manifesté jeudi matin selon 
la police, 45.000 selon les organisateurs. A Toulouse, elles 
étaient entre 3.500 et 12.000, soit environ deux fois moins que 
lors de la précédente journée d'action, le 14 juin. 
    A Bordeaux, les manifestants étaient 2.000, selon la 
préfecture, et 7.000 d'après les organisateurs. A Rennes, où 
1.500 à 3.000 personnes ont manifesté, des vitrines de banques 
et d'agences immobilières ont été taguées ou brisées par des 
manifestants.  
    "Si le gouvernement s'entêtait, on verra cet été, mais on 
verra surtout à la rentrée", a dit à la presse le numéro un de 
FO, Jean-Claude Mailly, avant le départ du cortège parisien. 
    CGT et FO en appellent toujours à l'intervention de François 
Hollande pour débloquer la situation et mettent en cause 
l'intransigeance supposée de son Premier ministre, Manuel Valls. 
  
    "Il faut qu'il prenne les affaires en main", a déclaré le 
secrétaire général de la CGT Philippe Martinez à propos de 
François Hollande, en soulignant que la CGT n'avait reçu à ce 
jour aucune réponse à un courrier adressé le 20 mai à l'Elysée. 
    "Sur ce projet de loi, nous irons jusqu'au bout", a répondu 
jeudi le chef de l'Etat, lors d'une visite à la Cité de refuge 
de l'Armée du salut, à Paris.   
 
 (avec Gérard Bon, Emmanuel Jarry, Simon Carraud, Yann Le 
Guernigou et Service France, édité par Sophie Louet) 
 
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  • dotcom1 il y a 6 mois

    Bravo la préfecture d'avoir préservé les hopitaux et les magasins parisiens cette fois-ci. D'autres villes n'ont pas eu cette chance malheureusement.

  • xk8r il y a 6 mois

    sans débordements et sans manifestants non plus ! fiasco !!