Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

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    par Nick Tattersall et Humeyra Pamuk 
    ISTANBUL, 7 août (Reuters) - A l'appel du président Recep 
Tayyip Erdogan, des centaines de milliers de Turcs sont attendus 
dimanche à Istanbul pour participer à une manifestation géante 
contre le putsch manqué de la nuit du 15 juillet et afficher 
leur unité face aux critiques occidentales contre la répression 
massive entreprise par le pouvoir turc depuis la tentative de 
coup d'Etat.  
    Ce "rassemblement de la démocratie et des martyrs", organisé 
sur la grande esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de 
Marmara, doit parachever trois semaines de manifestations 
nocturnes des partisans du chef de l'Etat sur les places de 
nombreuses villes du pays.  
    "La démocratie triomphe, les places appartiennent aux 
peuples", pouvait-on lire dans la nuit de samedi à dimanche sur 
des tracts distribués dans les boîtes aux lettres détaillant les 
services de transport gratuits par ferry, bus ou métro pour 
accéder à la manifestation.  
    Le président Erdogan a invité les dirigeants des partis 
laïque et nationaliste, qui affichent leur soutien au 
gouvernement depuis le putsch manqué et partagent la même 
détestation du mouvement Hizmet du prédicateur Fethullah Gülen, 
accusé d'avoir fomenté la tentative de coup d'Etat.  
    "La seule manière d'éliminer les coups d'Etat est de raviver 
les valeurs de la République. Ces valeurs qui font notre unité 
devront être exprimées avec force à Yenikapi", a déclaré sur son 
compte Twitter Kemal Kilicdaroglu, le chef de file du parti 
laïque CHP (Parti républicain du peuple, opposition). 
    La brutalité du putsch avorté du 15 juillet, qui a fait plus 
de 230 morts, a choqué un pays où la dernière tentative de coup 
d'Etat remontait à 1980.  
    Même les adversaires d'Erdogan, qui dénoncent son 
autoritarisme, préfèrent le voir se maintenir à la présidence 
que de connaître un nouveau coup d'Etat, comme ceux qui ont 
rythmé l'histoire du pays dans la seconde moitié du XXe siècle.  
    L'union nationale pourrait toutefois ne pas durer. 
L'opposition s'interroge déjà sur le fait de savoir si la 
restructuration en cours de l'armée, qui se fait sans droit de 
regard du parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de 
militaires, dont 40% de généraux, ont été démis de leurs 
fonctions. 
    Au total, plus de 60.000 militaires, magistrats, 
fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou 
font l'objet d'enquêtes judiciaires.  
 
 (Avec Tuvan Gumrucku; Jean-Stéphane Brosse pour le service 
français) 
 
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