Manifestation géante à Istanbul contre le putsch manqué

le , mis à jour à 18:26
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    * Des centaines de milliers de personnes réunies 
    * Des chefs de l'opposition devraient s'exprimer 
    * Geste de défi vis-à-vis de l'Occident 
 
 (Chiffres actualisés) 
    par Nick Tattersall et Humeyra Pamuk 
    ISTANBUL, 7 août (Reuters) - A l'appel du président Recep 
Tayyip Erdogan, plus d'un million de Turcs se sont rassemblés 
dimanche à Istanbul pour dénoncer le putsch manqué de la nuit du 
15 juillet et afficher leur unité face aux critiques 
occidentales contre la répression massive menée par le pouvoir 
turc depuis la tentative de coup d'Etat.  
    Ce "rassemblement de la démocratie et des martyrs", organisé 
sur la grande esplanade de Yenikapi, au bord de la mer de 
Marmara, doit parachever trois semaines de manifestations 
nocturnes des partisans du chef de l'Etat sur les places de 
nombreuses villes du pays.  
    L'événement était retransmis en direct sur des écrans géants 
   dans d'autres rassemblements organisés dans les 81 provinces 
du pays.  
    "Tu es un cadeau de Dieu Erdogan" ou "Ordonne-nous de mourir 
et nous le ferons", pouvait-on lire sur certaines pancartes 
brandies par des partisans du président turc.  
    "Nous sommes ici pour montrer que ces drapeaux ne 
retomberont pas, que l'appel à la prière ne sera pas réduit au 
silence et que notre pays ne sera pas divisé", explique Haci 
Mehmet Haliloglu, un fonctionnaire de 46 ans qui est venu 
spécialement de la ville d'Ordu, au bord de la mer Noire, pour 
participer au rassemblement.  
    "C'est quelque chose qui dépasse la politique, c'est soit 
notre liberté soit la mort", ajoute-t-il, un drapeau turc sur 
les épaules.  
    Les dirigeants de deux partis d'opposition -  le Parti 
républicain du peuple (CHP) et le Parti de l'action nationaliste 
(MHP) - ont été invités à prononcer un discours lors de ce 
rassemblement géant organisé trois semaines après le coup d'Etat 
manqué, imputé par les autorités au prédicateur Fethullah Gülen. 
    "La seule manière d'éliminer les coups d'Etat est de raviver 
les valeurs de la République. Ces valeurs qui font notre unité 
devront être exprimées avec force à Yenikapi", a déclaré Kemal 
Kilicdaroglu, le chef de file du parti laïque CHP, sur son 
compte Twitter.  
    Ancien allié du président turc, Gülen, exilé depuis 1999 aux 
Etats-Unis, a démenti toute implication dans le putsch et a 
dénoncé cette semaine le mandat d'arrêt lancé à son encontre par 
Ankara.  
     
    BRUTAL ET INJUSTE 
    La brutalité du putsch avorté du 15 juillet, qui a fait plus 
de 230 morts, a choqué un pays où la dernière tentative de coup 
d'Etat remontait à 1980.  
    Même les adversaires d'Erdogan, qui dénoncent son 
autoritarisme, préfèrent le voir se maintenir à la présidence 
que de connaître un nouveau coup d'Etat, comme ceux qui ont 
rythmé l'histoire du pays dans la seconde moitié du XXe siècle. 
    "Erdogan a été brutal et injuste à notre encontre par le 
passé mais je crois qu'il a compris maintenant la véritable 
importance des valeurs de la République", estime Ilhan Girit, un 
musicien de 44 ans, partisan du CHP, avec un drapeau de Mustafa 
Kemal Atatürk, le fondateur de la Turquie moderne et laïque. 
    L'union nationale pourrait toutefois ne pas durer.  
    L'opposition s'interroge déjà sur le fait de savoir si la 
restructuration en cours de l'armée, qui se fait sans droit de 
regard du parlement, ne va pas trop loin. Des milliers de 
militaires, dont 40% de généraux, ont été démis de leurs 
fonctions. 
    Au total, plus de 60.000 militaires, magistrats, 
fonctionnaires ou enseignants ont été interpellés, suspendus ou 
font l'objet d'enquêtes judiciaires, au cours de ces purges de 
masse critiquées par les pays occidentaux.  
    Le ton est notamment monté cette semaine entre Vienne et 
Ankara, les autorités autrichiennes ayant exprimé leur volonté 
de débattre de l'intérêt de poursuivre les discussions 
d'adhésion à l'UE avec la Turquie face à la répression en cours. 
       
    Des critiques rejetées par Erdogan qui a accusé les pays 
occidentaux de "soutenir le terrorisme et les coups d'Etat".  
 
 (Avec Tuvan Gumrucku; Jean-Stéphane Brosse et Marine Pennetier 
pour le service français) 
 
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  • M999141 il y a 11 mois

    On leur a expliqué à tous ces gens que le putsch avait été manqué ? En tous cas, ils l'aiment leur président, garant de la démocrature.