Manifestation contre les rejets aqueux dans les calanques

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MANIFESTATION CONTRE LES REJETS AQUEUX DANS LES CALANQUES
MANIFESTATION CONTRE LES REJETS AQUEUX DANS LES CALANQUES

par Jean-François Rosnoblet

MARSEILLE (Reuters) - Un millier de personnes ont manifesté samedi à Marseille pour dénoncer la décision de la préfecture d'autoriser le site Alteo de Gardanne (Bouches-du-Rhône) à poursuivre ses rejets aqueux, au-delà des seuils réglementaires, au coeur du parc national des calanques.

Le préfet a signé fin décembre un arrêté autorisant la société à continuer d'exploiter à compter du 1er janvier 2016 ses usines sur le site de Gardanne et autorisant, pour une durée de six ans, le rejet dans la mer d'effluents aqueux dépassant les limites réglementaires.

Cette décision a été désapprouvée par la ministre de l'Ecologie Ségolène Royal.

"Manuel Valls a commis une faute. Il s'est trompé et a fait un abus d'autorité en obligeant le préfet à prendre cette décision", a déclaré José Bové, qui a participé au rassemblement devant la préfecture samedi.

L'eurodéputé Europe-Ecologie-Les Verts (EELV) a estimé que cette "décision sur injonction" n'était pas conforme à la Constitution.

"Manuel Valls est hors-la-loi puisqu'il a pris une décision qui ne lui appartenait pas. Ce n'est pas parce qu'on est Premier ministre qu'on a le droit de se substituer aux décisions des ministères de tutelle", a-t-il dit.

Les Collectifs du littoral, qui regroupent une cinquantaine d'association de défense de l'environnement ainsi que plusieurs prud'hommes de pêcheurs, ont envoyé vendredi un recours hiérarchique à Ségolène Royal, qui, selon eux, est la seule autorité de référence du préfet dans cette affaire. Ils demandent l'arrêt complet des rejets en mer.

RECOURS

Sans réaction de la part de la ministre de l'Ecologie "dans les prochains jours", ils prévoient d'attaquer la décision en justice avec en déposant un recours devant le tribunal administratif de Marseille et en saisissant en parallèle la Commission européenne.

"Les gens sont en colère car on continue le rejet d'effluents toxiques supérieurs aux taux autorisés par la convention de Barcelone. On continue à envoyer des métaux lourds sur les fonds marins", a dit José Bové. "Alteo fait un chantage à l'emploi indécent pour poursuivre ses rejets. C'est une manipulation inacceptable".

Dans un communiqué, Alteo dénonce une "campagne de désinformation visant à contester le maintien de l'activité industrielle" de l'usine de Gardanne où, selon le groupe, une nouvelle station de traitement des eaux a permis depuis novembre de cesser définitivement le rejet de boues rouges en mer.

"Le nouveau procédé d'exploitation du site de Gardanne aboutit à la réduction du flux de métaux rejeté de plus de 99% et constitue en cela une amélioration environnementale et industrielle majeure", écrit la société.

L'usine d'alumine, qui représente 440 emplois directs et 300 indirects, bénéficiait depuis 1966 du droit de rejeter les résidus solides du traitement de la bauxite à une profondeur de 230 mètres dans le canyon de Cassidaigne, au coeur du parc national.

Le conseil d'administration du parc avait donné en septembre 2014 son feu vert sous conditions à la poursuite du rejet des effluents liquides résiduels pendant 30 ans.

Ségolène Royal s'était opposée à cette autorisation et avait annoncé la mise en place d'une enquête publique. Le préfet dit avoir suivi l'avis du Conseil supérieur de la prévention des risques technologiques (CSPRT) rendu au terme de cette enquête.

(Edité par Marine Pennetier)

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