Manifestation contre la privatisation partielle de l'aéroport de Toulouse

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par Johanne Decorse TOULOUSE, 31 janvier (Reuters) - Quelque 450 personnes ont manifesté samedi après-midi dans les rues de Toulouse contre la vente de 49,9% des parts de l'Etat détenus dans l'aéroport de Toulouse-Blagnac au consortium sino-canadien Symbiose pour 308 millions d'euros. A l'appel du collectif contre la privatisation de la gestion de l'aéroport de Toulouse-Blagnac, élus, syndicats et citoyens ont défilé derrière la banderole "l'aéroport n'est pas à vendre, notre santé vaut mieux que leurs profits". "Les nuisances causées par cet aéroport, qui est vraiment dans la ville, sont insupportables. Nous sommes déjà malades du bruit, qu'est-ce que ce sera avec les projets développement énormes du consortium ?", souligne Chantal Beer-Demander. "Ce projet de privatisation est inacceptable. Il n'y a pas eu de débat, ni avec le citoyen lambda, ni avec les riverains et les populations survolées". Pour la présidente du collectif contre les nuisances aériennes agglomération toulousaine qui regroupe les riverains de 28 quartiers de Toulouse et de douze communes de l'agglomération, en cas de vente au consortium sino-canadien "les intérêts privés et la rentabilité seront privilégiés par rapport au choix sanitaires et à l'environnement". L'Etat a lancé le 18 juillet 2014 la procédure de cession d'une participation de l'aéroport de Toulouse, sixième aéroport français avec plus de 7,5 millions de passagers en 2014 et un chiffre d'affaires de 120 millions d'euros pour 10,6 millions d'euros de résultat net. Malgré une opposition locale, le ministère de l'Economie a annoncé le 4 décembre dernier avoir choisi le consortium Symbiose comme futur acquéreur. Le même jour, il précisait que l'Etat n'avait pas aujourd'hui l'intention d'exercer son option de vente de sa participation résiduelle de 10,01% dans la plateforme toulousaine. PARAMETRE FINANCIER Les opposants à cette privatisation partielle estiment que l'Etat français n'a "pris en compte que le paramètre financier" sans étudier les conséquences environnementales et les questions de sécurité que pose le projet des repreneurs chinois de tripler le trafic de l'aéroport pour atteindre environ 18 millions de passagers d'ici 2046. Tout en appelant les citoyens à se mobiliser, le collectif contre la privatisation de la gestion de l'aéroport a engagé deux procédures devant le Conseil d'Etat pour tenter d'empêcher la vente. Un premier recours pour "excès de pouvoir" a été déposé mais n'a pas encore été jugé. Saisie en parallèle d'un référé-suspensif par Me Christophe Lèguevaques, l'avocat du collectif, la plus haute juridiction administrative a rejeté fin décembre cette procédure d'urgence pour empêcher la cession de 49,9% des parts de l'Etat dans l'aéroport. Le juge des référés du Conseil d'Etat a en effet estimé qu'aucun doute sérieux n'entachait en l'état la "légalité de cette décision administrative". Me Lèguevaques affirme que l'Etat, au cours du délibéré, a communiqué au Conseil d'Etat des documents sans les lui transmettre "en violation des principes essentiels du contradictoire". L'avocat toulousain au barreau de Paris qui dénonce "une rétention volontaire" de la part de l'Etat, a donc déposé vendredi une requête devant la Commission d'accès aux documents administratifs (CADA) pour obtenir ces documents qui selon lui seront "utiles" pour le recours sur le fond. L'Etat détient actuellement 60% du capital de la société Aéroport Toulouse Blagnac (ATB), aux côtés de la Chambre de commerce et d'industrie de Toulouse (25%) et des collectivités territoriales (15%) dont le Département de la Haute-Garonne qui s'est prononcé jeudi par un vote unanime des conseillers généraux contre la vente des part de l'Etat dans l'aéroport. Présent dans le cortège, son président socialiste Pierre Izard, a appelé l'Etat à "renoncer à une privatisation sauvage" qui n'est selon lui qu'une "affaire de rentabilité à court terme". Lancée le 16 décembre, la consultation du comité d'entreprise de la société ATB devrait se terminer mi-février selon Jean-Michel Vernhes, président du directoire de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. A l'issue de la vente qui selon M.Vernhes devrait se conclure au 1er trimestre 2015, une "nouvelle répartition des sièges au conseil de surveillance" de la société gestionnaire de l'aéroport "donnera 6 postes au nouvel actionnaire". Les collectivités conserveront 7 postes et l'Etat passera de 8 à 2. (Edité par Marine Pennetier)

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  • bd231149 le samedi 31 jan 2015 à 18:48

    Trop tard pour la manif notre incapable a tout vendu il y a 3 jours

  • M250378 le samedi 31 jan 2015 à 18:38

    Comme en Grèce, vendez ceci, vendez cela, ...pour le plus grand bénéfice des mondialistes