Manifestation contre l'austérité à Rome

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ROME (Reuters) - Deux des principaux syndicats italiens ont appelé à une grève de 24 heures vendredi dans la fonction publique pour protester contre les coupes budgétaires mises en oeuvre par le gouvernement de Mario Monti.

Des milliers de manifestants ont convergé dans le centre de Rome, où un rassemblement était programmé à proximité du Colisée. Les professeurs d'université, les fonctionnaires des administrations publiques et de la santé de même que les éboueurs devaient cesser le travail.

Cette journée de grève organisée par la CGIL et l'UIL conclut une semaine marquée par des affrontements à Madrid et à Athènes en marge de rassemblements similaires contre l'austérité.

"Cessez de frapper les plus faibles, nous avons déjà assez donné": le mot d'ordre vise le nouveau coup de rabot sur les dépenses publiques décidé en août par le gouvernement Monti alors que les salaires dans la fonction publique sont déjà gelés depuis plus de deux ans.

"Affamer la bête, l'affaiblir, la rendre inefficace, entraver son potentiel, interrompre ses missions: voilà les principes qui sous-tendent la politique du gouvernement en matière de fonction publique", dénoncent les dirigeants de la CGIL dans une lettre ouverte.

L'austérité mise en oeuvre par l'équipe Monti depuis son arrivée au pouvoir, sans élection, en novembre 2011, a réduit les dépenses des ménages italiens et accentué la récession de l'économie italienne. Le chômage a atteint en juillet 10,7% de la population active, du jamais vu depuis 2004.

Ces nouvelles coupes dans les dépenses publiques s'ajoutent à d'autres réformes impopulaires, dont la modification du code du travail, l'augmentation des impôts et la baisse des pensions de retraite.

"Pour le moment, je ne vois aucun avenir qui nous donne de l'espoir, particulièrement pour la jeunesse", a déclaré un ancien militaire, Emilio Amiraglia, participant à la manifestation.

Mario Monti a pour la première fois clairement déclaré jeudi qu'il serait prêt à rester à la tête du gouvernement en Italie après les élections législatives prévues au printemps 2013 si le scrutin ne débouche pas sur une majorité claire.

Ces déclarations du chef du gouvernement italien, qui reste la personnalité politique la plus populaire du pays, ont déclenché un tollé dans la classe politique.

Steve Scherer; Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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