Manifestation contre l'accord de paix dans le nord du Mali

le , mis à jour à 16:41
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BAMAKO, 15 mai (Reuters) - Des manifestants hostiles à l'accord de paix que les séparatistes touaregs du nord du Mali devaient signer dans la journée s'en sont pris vendredi à des casques bleus à Kidal, tandis que de nouveaux combats éclataient à Ménaka, dans le Nord-Est. La Coordination des mouvements de l'Azawad (CMA), formée des principaux groupes rebelles touaregs, a approuvé jeudi à Alger l'accord préliminaire adopté en mars par les autorités maliennes et des mouvements pro-gouvernementaux, tout en réclamant de nouvelles garanties avant de signer définitivement le texte. "Ce qui est certain, c'est que nous ne signerons pas tant que nos amendements n'auront pas été pris en compte", a averti jeudi Mahmoud Ag Ghali, secrétaire général de la CMA. On ignore si des mouvements séparatistes assisteront à la cérémonie de ce vendredi, qui doit se dérouler en présence des médiateurs et de dirigeants étrangers. Dans le fief touareg de Kidal, plusieurs centaines de personnes ont défilé derrière des banderoles portant des slogans tels que "Plutôt le martyre que l'humiliation" avant de se rendre au camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (Minusma), où les casques bleus ont essuyé des jets de pierres. "La Minusma n'est pas là pour la paix. Elle est là pour soutenir le gouvernement malien", a déclaré un manifestant interrogé par Reuters. De source proche de l'armée malienne, on fait par ailleurs état de combats à Ménaka, 200 km à l'est de Gao, principale ville du nord du Mali. "Nous savions qu'ils allaient attaquer aujourd'hui. Au moment où je vous parle, des combats ont lieu", a confirmé Fahad Ag Almahamoud, secrétaire général du Groupe d'autodéfense touareg Imghad et alliés (Gaita), une milice pro-gouvernementale. Les séparatistes touaregs du nord du Mali se sont ralliés en 2012 aux islamistes qui ont pris la moitié nord du pays avant d'en être chassés par les forces françaises de l'opération Serval, lancée en janvier 2013. A Bamako et dans les chancelleries occidentales, on craint que la poursuite de l'instabilité ne profite à nouveau aux djihadistes. (Souleymane Ag Anara et Tiemoko Diallo, Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Tangi Salaün)

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