Mandat d'arrêt contre l'ancien président géorgien Saakachvili

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TBILISSI, 2 août (Reuters) - Un mandat d'arrêt a été délivré samedi contre l'ancien président géorgien Mikheil Saakachvili soupçonné d'abus de pouvoir. La décision prise par le tribunal de Tbilissi est dénoncée par les partisans de l'ex-chef de l'Etat, figure de la "Révolution des roses" de 2003, comme une décision politique. Saakachvili, qui vit à l'étranger depuis la fin de son second et dernier mandat, en novembre dernier, est accusé d'abus de pouvoir et de recours à une force excessive contre des manifestants qui avaient contesté son pouvoir en novembre 2007 à Tbilissi. La justice lui reproche aussi une descente des forces de l'ordre contre le siège d'une chaîne de télévision. Des mandats d'arrêt visent pour les mêmes faits son ancien ministre de la Défense, David Kezerachvili, et l'ancien procureur général Zourab Adeichvili, qui vivent également à l'étranger. Les partisans de l'ex-chef de file du mouvement pro-occidental de 2003 dénoncent une purge menée par les nouveaux dirigeants géorgiens de la coalition "Rêve géorgien", arrivés au pouvoir lors des élections législatives d'octobre 2012. Plusieurs dizaines d'anciens responsables et fonctionnaires ont été arrêtés depuis l'alternance politique. Saakachvili y voit la preuve d'une politisation de la justice qu'il impute à l'ancien Premier ministre et chef de la coalition au pouvoir, Bidzina Ivanichvili. "Le gouvernement a fait passer ces poursuites politiques à la vitesse supérieure", a réagi pour sa part le député d'opposition David Bakradzé. "Cette décision va apporter davantage de confrontation et de polarisation de notre société." Dans un communiqué diffusé jeudi, Catherine Ashton, Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, avait pris acte "avec inquiétude" de l'inculpation de Saakachvili. "Si nul n'est au-dessus des lois, les poursuites judiciaires en Géorgie devraient être transparentes, proportionnées, libres de toute motivation politique et respecter strictement les règles de procédure", ajoutait-elle, appelant l'ensemble des parties concernées à tirer un trait sur le passé et à se concentrer sur l'avenir. (Margarita Antidze; Henri-Pierre André pour le service français)

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