Mandarine Gestion : " Nous souhaitons nous concentrer sur le développement et l'internationalisation de notre gamme"

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(NEWSManagers.com) - Entretien avec Marc Renaud, président de Mandarine Gestion


NewsManagers : La création de Mandarine Gestion remonte à un peu plus de deux ans et demi. Pouvez-vous dresser un premier bilan d'activité ?
Marc Renaud : En fait, nous allons célébrer notre troisième anniversaire le 28 février prochain. Les résultats sont plutôt satisfaisants. Nous allons terminer l'année avec un encours d'actifs sous gestion de 1,5 milliard d'euros contre moins de 900 millions fin 2009. La collecte nette s'est élevée à plus de 400 millions d'euros et les performances sont aussi au rendez-vous, avec des rendements compris entre 5% et 10%.

NM : Quelle est la répartition des encours ?

M.R. : L'encours est à 80% d'origine française, 15% provenant du marché suisse et 5% d'Allemagne. La clientèle se compose à 50% d'investisseurs institutionnels, essentiellement des caisses de retraite et des compagnies d'assurance, et à 50% de retail, c'est-à-dire les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI), le private banking et les fonds de fonds. Nous sommes très satisfaits de cette répartition car c'était l'objectif initial, avoir une clientèle diversifiée. J'avais déjà les types de clientèle dans mes précédentes fonctions et j'ai souhaité retrouver cet équilibre dès le lancement de Mandarine avec une équipe de commerciaux conséquente.

NM : Le capital de la société a-t-il évolué depuis la création ?

M.R. : Non, il y a eu des changements à l'intérieur de notre actionnariat, du fait par exemple de la fusion UFG LFP mais la répartition n'a pas bougé, avec 15% pour Financière Dassault, 15% pour UFG-LFP et 15% pour Amlab, à l'origine joint venture entre le groupe OFI et la Banque Postale Asset Management et désormais contrôlé à 100% par La Banque Postale AM. Le seed money (Ndlr : encours d'amorçage) apporté par ces partenaires d'origine, 270 millions d'euros, arrive à échéance au second semestre 2011 mais je ne pense pas que cela change nos relations. L'essentiel est qu'ils restent nos clients.

NM : Où en êtes-vous en termes d'effectifs ?

M.R. : La société compte 19 personnes, dont six gérants et sept commerciaux, l'un d'entre eux étant installé en Allemagne à Francfort. Notre présence est encore modeste sur le marché allemand mais nous avons de sérieux espoirs de développer notre activité auprès des clients institutionnels. De ce point de vue, je dois dire que la réussite d'Edouard Carmignac outre-Rhin nous a ouvert la voie en attirant l'attention sur les boutiques françaises !

NM : Vous restez dans une logique de développement centrée sur le marché européen ?

M.R. : Pour l'essentiel oui. Il n'y a aucune urgence à lancer d'autres produits. Nous souhaitons nous concentrer sur le développement de notre gamme de produits et sur l'internationalisation de la gamme. Nous n'avons pas les moyens de nous installer sur tous les marchés mais nous sommes référencés auprès de tous les grands consultants anglo-saxons et nous pouvons aussi imaginer des partenariats, par exemple pour l'Italie ou l'Espagne, avec des maisons proches de nous et présentes sur certains marchés.

NM : Avec l'un de vos actionnaires d'origine par exemple ?

MR : C'est une possibilité

NM : Etes-vous satisfaits de votre " mix produits" ?

MR : Nous disposons d'une gamme complète mais trop déséquilibrée. Avec un encours de plus de 1 milliard d'euros, Mandarine Valeur, dont j'ai la charge, pèse trop lourd par rapport aux autres fonds. Il faut donc non pas réduire Mandarine Valeur, mais développer les autres fonds de la gamme. Par exemple, Mandarine Unique (30 millions d'euros) a reçu un très bon accueil. Et comme je vous l'ai dit, il n'est pas question dans l'immédiat d'envisager un autre produit même si nous y réfléchissons. Nous n'allons pas de toute façon sortir de notre champ de compétences et nous lancer dans l'arbitrage de volatilité. Il faut que la nouvelle stratégie s'intègre dans notre philosophie d'ensemble : stock picking, directionnel, actions. Nous pourrions probablement envisager une extension géographique. La gestion de notre gamme va également passer par la probable prochaine fermeture du fonds Mandarine Convertibles qui est écrasé par le succès de Mandarine Reflex.

NM : Comment abordez-vous 2011 ?

M.R. : L'environnement n'est pas porteur. L'aversion au risque reste forte. Mais je ne vois pas pour autant un scénario noir. Depuis deux ou trois mois, on observe même un regain d'intérêt pour les actions. La crainte de double dip s'est dissipée et la crise financière n'est peut-être pas encore derrière nous mais la situation tend à s'améliorer. Du côté des entreprises, la perception est bien meilleure qu'il y a un an. Nous sommes de toute façon en bas de cycle boursier. Le marché n'est pas cher et 2011 pourrait donc être une bonne année pour les actions. Même s'il ne faut pas s'attendre à des afflux massifs?

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