Manchester United, une identité en question

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Longtemps, Manchester United a cultivé sa part de singularité en prônant la stabilité, en choyant ses jeunes et en refusant de verser dans l'absurdité du marché des transferts. Mais, depuis le départ d'Alex Ferguson en 2013, les Red Devils ont infléchi leur politique, symbolisée par l'arrivée d'Anthony Martial à un prix défiant toute raison. Une venue en grande pompe qui soulève une question : Manchester United est-il toujours Manchester United ?

On a d'abord cru à une farce. Une mauvaise farce, même. Puis, ce qui ne semblait être qu'une simple rumeur invraisemblable comme il en pullule tant dans la presse anglaise s'est transformée en une réalité implacable. Anthony Martial, tête enfantine et attaquant de seulement dix-neuf ans au compteur, s'est engagé mardi avec Manchester United pour une somme estimée entre cinquante et quatre-vingts millions d'euros au total, selon des sources différentes. Soit, peut-être, cinq millions de plus que Zidane lors de son passage de la Juventus Turin au Real Madrid. Soit, aussi et peut-être, désormais le joueur français le plus onéreux de l'histoire. Un transfert insensé. Irrationnel. Une folie pure pour un gamin au potentiel non négligeable, mais qui ne facture que 52 matchs de Ligue 1 pour 11 buts. Quelques heures après la première défaite des Red Devils cette saison, Louis van Gaal avait pourtant assuré qu'il n'y aurait pas de "panic buys" avant la date butoir du mercato estival. Et, pourtant, celui de l'enfant des Ulis y ressemble grandement et vient souligner un nouveau virage pris par le club mancunien. L'évidence est limpide, palpable et difficilement contestable : Manchester United n'est plus vraiment le club qu'il était il y a encore peu. Et serait même devenu "Madchester", pour reprendre les termes récents du Daily Mail.

David Gill, l'autre perte immense


Le symbole le plus prégnant de l'infléchissement de la politique de Manchester United ? Sans aucun doute son activité sur le marché des transferts, marquée par des dépenses somptuaires depuis le départ de Sir Alex Ferguson. Environ 435 millions d'euros claqués en à peine deux années. Une somme démesurée, défiant presque tout entendement, dans un club qui avait pour habitude d'être plutôt discret lors de chaque fenêtre de transferts. Pour preuve, en vingt-six ans de règne, le vieux briscard écossais a davantage flairé les bonnes affaires plutôt que de succomber à la folie des grandeurs. Bien sûr, Fergie s'est octroyé quelques plaisirs avec Rio Ferdinand (46 millions d'euros), Juan Sebastián Verón (43), Wayne Rooney qui n'avait alors que dix-sept ans (36) ou encore Dimitar Berbatov (38). Mais ce fut toujours ponctuel et espacé dans le temps. Parce que malgré le passage dans l'ère moderne du foot-business, United…


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