Manara et Varenne, l'amour de la femme jusqu'au bout du pinceau

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Manara et Varenne, l'amour de la femme jusqu'au bout du pinceau
Manara et Varenne, l'amour de la femme jusqu'au bout du pinceau

(AFP) - L'un a délaissé la BD, l'autre pas, mais tous deux continuent à dessiner le corps de femmes sublimes: l'Italien Milo Manara et le Français Alex Varenne, maîtres incontestés de la BD érotique, exposent pour la première fois ensemble à Bruxelles.

"Chacun de nous illumine la femme d'une façon différente, mais avec la même intensité", témoigne Manara, qui s'est fait un nom bien au-delà des lecteurs traditionnels du neuvième art.

A 66 ans, l'Italien de Vénétie n'a plus rien à prouver. Après s'être lancé dans la BD pour des raisons alimentaires en 1968 et avoir connu un immense succès avec Le déclic ou L'été indien, il reconnaît peindre aujourd'hui "par plaisir" et "par jeu".

En témoignent ses dernières oeuvres exposées dans la vaste galerie des Petits Papiers, dans le coeur historique de la capitale belge. Douze d'entre elles illustrent les Contes libertins de Jean de la Fontaine, des fables licencieuses qui glorifient "le plus divertissant des jeux".

Manara s'est visiblement régalé à peindre les fantasmes galants et insolents du XVIIe siècle, dont il a cherché à respecter "la palette chromatique", tout en nuances chatoyantes.

"L'érotisme, c'est l'énergie. Quand il baisse, c'est la mort qui arrive", affirme-t-il.

L'autre série de ses toiles est un hommage aux grands noms de la BD, "ceux que j'admire", de ses compatriotes Hugo Pratt et Crepax aux Français Moebius et Forest. Pour chacun, il a créé au fusain une femme, évidemment très sensuelle, "correspondant à leur personnalité".

"Je l'ai fait par amitié, sans aucune prétention", précise celui qui "n'aime pas parler sérieusement" de son travail.

Parallèlement à la peinture, Manara travaille à une nouvelle BD sur la vie du peintre italien Le Caravage. "Un personnage à la réputation sulfureuse, emprisonné parce qu'il refusait l'ordre établi, qui a eu des histoires violentes avec trois femmes". La sortie du premier des deux tomes est attendue à la fin de l'année.

Le monde de la BD, Alex Varenne l'a volontairement quitté au début des années 2000. "Par lassitude de ce mode d'expression", mais aussi par fatigue, car "faire un album est un travail de fou et j'en avais marre de dessiner des voitures, des décors", témoigne l'auteur d'une trentaine d'albums, dont Carré noir sur dames blanches.

Dans son atelier parisien, il peut désormais, à 72 ans, se consacrer à "explorer" sans relâche "les territoires féminins", toujours en privilégiant le noir et blanc stylisé tant apprécié par ses admirateurs.

"L'érotisme fait partie de ma vie, d'une façon très décontractée", témoigne Alex Varenne, qui "adhère plutôt à la vision asiatique de la sexualité", "moins coincée que dans nos pays judéo-chrétiens".

Manara comme Varenne n'en ont pas fini avec leurs "fantasmes". Et n'envisagent pas de poser crayons, pastels ou pinceaux. "Dessiner guérit toutes mes névroses. Si j'arrête, je meurs", confie Varenne.

("Libert'in", exposition collective à la galerie Petits Papiers, Place du Grand Sablon à Bruxelles, jusqu'au 26 août - www.petitspapiers.be)

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