Malik Haddouk (CPR AM) : « Un mur de dettes de plus de 1.000 milliards attend la zone euro en 2012 »

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En 2012, le marché va encore varier au gré de la crise des dettes souveraines même si un scénario légèrement optimiste peut être retenu estime Malik Haddouk, responsable de la gestion diversifiée de CPR AM.

La zone euro peut-elle sortir de la crise en 2012 ?

Malik Haddouk : L'année va être difficile pour les Etats européens qui dès le premier trimestre vont devoir faire face à des émissions de dettes importantes. Au total, la zone euro va devoir affronter un mur de dettes de plus de 1.000 milliards d'euros au cours de l'année. Certaines émissions vont être très surveillées comme l'Italie qui doit émettre 55 milliards d'euros de dettes en février. Ce sera donc un test crucial alors même que les agences de notations menacent de dégrader la note des pays de la zone euro et de la France en particulier. Dans ce contexte, la macro devrait encore « faire » la tendance boursière en 2012. Actuellement, le marché a « pricé » la crise des dettes souveraines, pas une récession prolongée. Les analystes anticipent encore un maintien des bénéfices des entreprises européennes mais ils pourraient les réviser en baisse (de -5% à -9%) en cas d'aggravation de la récession.

Quel scénario central retenez-vous ?

M.H : Nous avons opté pour un scénario central (dominant) légèrement optimiste passant par la résolution très progressive de la crise européenne alors que la croissance mondiale va rester poussive. Dans ce cadre-là, les marchés pourraient progresser mais la hausse sera limitée. Bien entendu, nous avons pris en compte dans nos allocations deux scénarios adverses, l'un anticipant un fort ralentissement mondial malgré la résolution de la crise européenne et l'autre, une non résolution de la crise européenne entraînant une dislocation des marchés financiers.

Quelle allocation d'actifs allez-vous privilégier dans ce cadre ?

M.H : Les périodes de crise sont propices à la remontée des corrélations entre les différentes classes d'actifs. La crise actuelle ne fait pas exception et il devient plus compliqué de réduire son exposition au risque en diversifiant son portefeuille car la notion d'actif sans risque a été mise à mal avec la crise. Aussi, nous avons adopté un profil prudent.

Europe, Etats-Unis, pays émergents... Quelle est votre allocation géographique ?

M.H : Nous préférons les actions des entreprises américaines plutôt que celles de la zone euro. La croissance y est plus forte et la banque centrale plus active. Les taux de marge sont aussi mieux orientés qu'Europe. De leur côté, les valeurs émergentes ont traversé une année difficile, principalement en raison des craintes inflationnistes mais elles restent décotées par rapport à leurs concurrentes des pays développées. C'est un actif à privilégier mais plutôt au second semestre 2012 quand la situation se sera éclaircie.

Quelle est votre stratégie obligataire ?

M.H : Nous sommes investis sur du corporate investment grade mais aussi sur du high yield à condition de garder ses titres un certain temps car l'environnement induit une volatilité significative. Toutefois, les taux de défaut devraient se maintenir à des niveaux assez bas. Concernant les obligations souveraines, nous préférons les emprunts d'Etat US ou le Bund allemand tant que la situation n'est pas stabilisée dans la zone euro.

Faut-il privilégier les valeurs value vs.growth ?

M.H : Dans un contexte de croissance molle, nous privilégierons les valeurs de croissance, surtout celles qui sont bien exposées à la croissance des pays émergents. A plus long terme, les valeurs décotées pourraient profiter d'une résolution de la crise des dettes souveraines (les financières se traitent pour la plupart à 20% de leur actif net) mais cela prendra du temps.

Une prévision pour les indices boursiers en 2012 ?

M.H : Dans le cadre de notre scénario principal, les bourses américaines et émergentes pourraient progresser de 15 à 20% l'an prochain alors que les marchés européens devraient limiter leur progression en dessous de 15%. Bien entendu, si nous devions faire face aux autres scénarios, la situation serait totalement différente.

Propos recueillis par Julien Gautier

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  • klompi le samedi 7 jan 2012 à 13:19

    Là, c'est a clef sous la porte !

  • dratiser le samedi 7 jan 2012 à 13:02

    proportionnellement bcp pmoins que US

  • NACHTER le lundi 2 jan 2012 à 18:09

    POUR U M B A D HARVARD C EST DESOLANT DE LIRE LES COMMENTAIRES DES IGNARES FRANCAIS OUI LA CRISE VA SEULEMENT DEBITER AU NIVEAU DE LA STRUCTURE DES ACTIFS DES PATRIMOINES LES ZONES RETENUES PAR SECURITE CANADA AUSTRALIE AFRIQUE DU SUD VENDEZ VOTRE PETIT MAS TROPEZIEN POUR ACHETER 10.000 A 200.000 HECTARES EN AFRIQUE DU SUD EN DEVISE ATTENTOIN CA VA ETRE DU SPORT

  • mege123 le vendredi 23 déc 2011 à 16:52

    pas mal vue

  • papymujo le vendredi 23 déc 2011 à 13:52

    l'on disait simplement aux banques qui font tous les métiers et jouent avec notre argent de le mettre dans les entreprises et dans le productif PME/PMI/Artisanat le potentiel création, export est la pas ailleurs...

  • jls.busy le vendredi 23 déc 2011 à 11:34

    Et il parait que l'on a des Economistes et des Ministres voire des Députés pour nous représenter et satisfaire à la bonne conduite du Pays. Bien le doute sur le compétences est confirmé...! C'est un rude constat mais en dehors de l'Ego il existe le savoir faire. A Méditer...

  • jls.busy le vendredi 23 déc 2011 à 11:31

    C'est pas difficile a comprendre. Dès 2007 j'ai dit avant 2015 on ne sortira pas de ces subprimes, car ils cachent des opérations financières encore plus graves de la part de banques et des Etats. Bien on y est et en plus l'on a l'impression que tout le monde est surpris.

  • jls.busy le vendredi 23 déc 2011 à 11:31

    Si au lieu de prédire des jours et années plus noires que celles de 2007 a ce jour dus aux subprime , puis aux banques puis aux dettes étatiques, l'on disait simplement aux banques qui font tous les métiers et jouent avec notre argent de le mettre dans les entreprises et dans le productif PME/PMI/Artisanat le potentiel création, export est la pas ailleurs...