Mali-Les municipales émaillées d'incidents dans le Nord

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    BAMAKO/GAO, 20 novembre (Reuters) - Les élections 
municipales organisées ce dimanche au Mali ont été émaillées 
d'incidents et d'appels au boycott dans le Nord, théâtre du 
soulèvement touareg qui a permis aux mouvements islamistes 
locaux de s'emparer de la région en 2012.  
    Les djihadistes en ont été chassés par l'armée française 
dans le cadre de l'opération Serval, lancée en janvier 2013, 
mais les actes de guérilla contre les forces gouvernementales ou 
la mission de maintien de la paix de l'Onu restent courants. Ils 
se sont même multipliés et étendus vers le sud ces derniers 
mois.  
    Le scrutin a été annulé dans sept districts par mesure de 
sécurité. L'opposition et les groupes armés engagés dans le 
processus de paix qui se déroule sous l'égide de l'Onu jugent en 
outre la situation toujours trop instable pour qu'il ait lieu 
dans de bonnes conditions.  
    Le vote s'est déroulé dans le calme à Bamako, mais des urnes 
ont été brûlées à Tombouktou, dans le Nord, et le Parti pour la 
restauration des valeurs du Mali (PRVM-Fasoko) a annoncé 
l'enlèvement d'un de ses candidats près de Mopti, dans le 
Centre.  
    "La situation actuelle n'est pas propice aux élections parce 
que la majorité de notre population est disséminée dans 
différents camps de réfugiés", a fait valoir Amgar Ag Yehia, un 
habitant de Tombouktou qui a boycotté le scrutin.  
    A Kidal, dans la région que les séparatistes touaregs 
appellent Azawad, des femmes ont manifesté pour la deuxième 
journée consécutive.  
    "Pas d'élections dans l'Azawad avant la formation 
d'autorités transitoires", clamait une de leurs banderoles, 
évoquant le calendrier adopté dans le cadre du processus de 
paix.  
    "Nous avons reporté ces élections quatre fois afin qu'elles 
soient inclusives et quatre fois ça suffit", a déclaré le 
président Boubacar Keïta, s'adressant à la presse après avoir 
voté.  
    Les opposants de l'Union pour la république et la démocratie 
(URD) se sont plaints de fraudes lors des les préparatifs des 
municipales.  
    Ban Ki-moon, secrétaire général de l'Onu, a "encouragé le 
gouvernement malien à poursuivre un dialogue constructif avec 
toutes les parties prenantes pour apaiser les tensions qui 
pourraient survenir, avant et après le vote".   
      
 
 (Souleymane Ag Anara à Gao et Adama Diarra, Jean-Philippe 
Lefief pour le service français) 
 
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