Malgré une couverture santé, les plus pauvres renoncent aux lunettes (étude)

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Parmi les personnes interrogées en situation de précarité, 94% n'avaient pas d'équipement optique adapté voire aucun équipement. (Jacek Bieniek/shutterstock.com)
Parmi les personnes interrogées en situation de précarité, 94% n'avaient pas d'équipement optique adapté voire aucun équipement. (Jacek Bieniek/shutterstock.com)

(AFP) - Même s'ils bénéficient d'une couverture de santé remboursant une partie ou la totalité des frais, beaucoup de personnes en situation de précarité renoncent à s'équiper de lunettes, par manque d'information, selon une étude publiée jeudi.

Le cabinet d'études et de conseil Gallileo a interrogé en décembre 115 personnes en situation de précarité entre 22 et 76 ans, dont 69% d'hommes, pour les associations Emmaüs solidarité et VisionSoliDev, qui œuvrent en partenariat pour offrir gratuitement des dépistages de vue et des équipements adaptés à des personnes défavorisées.

Parmi les personnes interrogées, 94% n'avaient pas d'équipement optique adapté voire aucun équipement. Sept sur dix n'avaient pas vu un opticien depuis plus de deux ans, ou n'étaient jamais allés chez un opticien. Et dans huit cas sur dix cette situation entraînait de réelles difficultés: pour lire un panneau ou s'orienter dans le métro, par exemple. Pourtant, 85% des sondés bénéficiaient d'une couverture sociale permettant de s'équiper à peu ou pas de frais.

C'est un "problème de santé publique", dit Quentin Ballu, chargé d'études chez Gallileo. Le renoncement aux soins est davantage imputable au manque d'information et de connaissance du système de santé visuelle (62%) qu'à la crainte de devoir débourser une forte somme d'argent (28%), a-t-il précisé jeudi lors d'une conférence de presse.

"70% des bénéficiaires de la CMU ne savent pas à quoi ils ont droit", et "pour 56% des sondés, consulter un ophtalmo est compliqué", souligne-t-il.

Ne pas voir correctement "nuit à la réinsertion" des personnes en situation de précarité, commente Meryem Belkacémi, chargée de mission santé à Emmaüs solidarité. La recherche d'emploi, l'orientation notamment sont entravées par une vision défaillante.

Pour Jean-Paul Roosen, président de l'association VisionSoliDev, qui a fourni 267 paires de lunettes en 2014, il s'agit de "sensibiliser" la filière optique à l'accueil de ces publics. 

Les pouvoirs publics ont également un rôle à jouer en simplifiant le parcours et les formalités de prise en charge, estime-t-il. Selon lui, "il y a un travail à faire entre la filière de l'optique et les associations" pour que les plus pauvres puissent faire valoir leurs droits et avoir des lunettes à leur vue.

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  • denios42 le dimanche 5 avr 2015 à 17:47

    39 euros monture + verres unifocaux chez certains opticiens ( et pas via un site internet low cost). Qu'on vienne pas me dire qu'on renonce aux lunettes par manque d'argent. C'est vrai quand on a acheté le dernier iPhone à 1000 euros on n'achète pas de lunettes.

  • sidelcr le jeudi 2 avr 2015 à 21:55

    M'ouais , le manque d'infos j'en doute .

  • M3182284 le jeudi 2 avr 2015 à 21:51

    Qui renonce au téléphone portable et à l'eçran plat? Je les vois à la soupe pulaire et avec des iPhones ( voles? )