Malgré les sanctions, les prix restent stables en Corée du Nord

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    SEOUL, 8 août (Reuters) - Les prix du pétrole et ceux des 
aliments sont essentiellement restés stables en Corée du Nord 
depuis l'accession au pouvoir, fin 2011, de Kim Jong Un et ce 
malgré le durcissement des sanctions internationales imposées au 
pays en raison de essais de missiles nucléaires et balistiques. 
    Selon des données établies par Reuters à partir de Daily NK, 
un site internet basé à Séoul où travaillent des Nord-coréens 
qui ont fui le régime de Pyongyang, les prix du riz, du maïs, du 
porc, de pétrole et du diesel n'ont guère bougé au cours de 
l'année écoulée. 
    Cette stabilité des prix, tout comme d'ailleurs celle de la 
devise du pays, contraste avec la volatilité qui a caractérisé 
le règne de Kim Jong Il, le père et le prédécesseur de Kim Jong 
Un. 
    Selon des experts, cela s'explique surtout par le choix de 
l'actuel dirigeant nord-coréen de ne rien faire contre 
l'émergence d'une économie se rapprochant d'un fonctionnement de 
marché. 
    Dépendant autrefois d'une planification à la soviétique, 
l'économie nord-coréenne est aujourd'hui portée par un système 
quasiment légal connu sous le terme de "jangmadang", où des 
particuliers et des grossistes peuvent vendre ou acheter des 
biens importés ou produits dans un circuit privé. 
    "Depuis que Kim Jong Un est arrivé au pouvoir, il n'y a pas 
eu de contrôle ou de démantèlement du jangmadang", a déclaré 
Kang Mi-jin, un transfuge nord-coréen. 
    "Kim Jong Un fait beaucoup de mauvaises choix, mais avoir 
laissé ces marchés ouverts a eu un effet positif pour les gens." 
    Il est toujours difficile de vérifier des données relatives 
à la situation en Corée du Nord mais des analystes soulignent 
que, par le passé, des manifestations de mécontentement 
populaire ont souvent été le fait de la volonté du pouvoir de 
remettre en cause le jangmadang. 
    Le système de rationnement de l'Etat ne s'est jamais remis 
de la terrible famine des années 1990. Sur la période 
avril-juin, la population n'a reçu des autorités que 360 grammes 
de rations par jour et par personne, un creux de cinq ans, selon 
un récent rapport du Programme alimentaire mondial (PAM). 
    Le marché privé a cependant pu combler les insuffisances. 
    Le won nord-coréen est valorisé par l'Etat à environ 100 
wons pour un dollar. Sa valeur réelle, largement fixée par les 
marchés, est de quelque 8.300 wons pour un dollar. 
    Ce taux de change officieux est resté stable au cours de ces 
dernières, une évolution qui laisse perplexe certains 
économistes mais qui peut s'expliquer par le fait que, sous Kim 
Jong Un, la Corée du Nord a commencé à produire sur place 
davantage de biens de consommation courante. 
 
 (James Pearson et Ju-min Park, Benoît Van Overstraeten pour le 
service français) 
 
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