Malgré les incertitudes, Natixis AM affiche sa confiance sur la zone euro

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Pour Natixis AM, la confiance est maintenue sur la zone euro, mais l'économie américaine ne semble pas redémarrer à court terme.
Pour Natixis AM, la confiance est maintenue sur la zone euro, mais l'économie américaine ne semble pas redémarrer à court terme.

Depuis un mois et demi, les principaux indices boursiers européens alternent les séances de hausses et de baisses sans direction claire. Signe de prudence ou opportunité prolongée pour entrer sur le marché après la hausse de début d’année ? Pour Natixis AM, la confiance reste de mise.

« La zone Euro retrouve une dynamique plus robuste et la BCE maintient le cap sur le QE », met en exergue Natixis Asset Management en tête de sa dernière note de conjoncture macroéconomique mensuelle.

« Si nous restons positifs sur les actions Zone Euro, nous avons toutefois diversifié notre allocation: nous avons réattribué une partie des bénéfices du premier trimestre sur le Japon, l’Asie émergente et les Etats-Unis », poursuivent les analystes avec davantage de prudence, et ce malgré des incertitudes importantes sur l’économie américaine.

Etats-Unis : un ralentissement plus rapide que prévu

« L'économie américaine a ralenti fortement au cours du premier trimestre avec une hausse de seulement 0.2% de son PIB (taux annualisé). Les premières données disponibles pour le 2ème trimestre ne suggèrent pas de rebond de l'activité, en tout cas pas dans les proportions observées l'an dernier », estime ainsi Natixis AM.

Cette opinion vient contredire l’idée selon laquelle l’année 2015 suivrait le même chemin que l’année 2014, où la croissance américaine avait été faible en début d’année avant d’accélérer rapidement au cours des mois suivants.

Pour autant, toute nouvelle mitigée sur l’économie américaine est vue comme une bonne nouvelle en ce qui concerne l’évolution de la politique monétaire. « La Fed pourrait avoir la tentation de peser sur le billet vert pour redonner de la compétitivité à l'économie américaine », évoque ainsi Natixis AM. « Au regard des développements macroéconomiques récents et en raison d'une inflation qui reste réduite, il n'y a pas de raisons de voir les banques centrales se précipiter pour remonter leurs taux d'intérêt. La situation est trop incertaine aux USA, notamment sur l'immobilier, pour changer de stratégie rapidement ».

Chine : lente décélération suite aux années fastes

Si Natixis AM affirme avoir réalloué une partie de ses investissements vers l’Asie émergente, ce n’est probablement pas vers la Chine. « La phase de croissance ralentie de l'économie chinoise s'est poursuivie au mois d'avril », relève la note. « La croissance du premier trimestre avait été très réduite (5.3% sur le trimestre par rapport au T4 2014 en taux annuel); l'investissement et les dépenses des ménages en avril ont continué de s'infléchir ».

« Les autorités tentent de réduire la brutalité de l'ajustement mais ne peuvent pas pour l'instant inverser la dynamique baissière. Celle-ci résulte d'un excès de dette qui ne pourra se résorber que dans la durée ». Pour Natixis AM, la prudence reste donc de mise sur l’économie chinoise.

Europe : les récents soubresauts ne remettent pas en cause une bonne tendance de fond

Reste donc l’Europe, sur laquelle l’équipe de recherche économique de Natixis AM conserve un regard positif malgré les mouvements incertains de ces dernières semaines. « La zone Euro est en train de sortir de sa longue période de stagnation », affirme la note.

« L'économie espagnole a accéléré fortement, la France a progressé plus rapidement qu'attendue et l'Italie est enfin sortie de sa longue récession », rappellent ainsi les analystes de Natixis AM en faisant allusion aux bons chiffres du premier trimestre 2015, dont le +0,6% de l’activité française par rapport au trimestre précédent.

« L'inflation n'est toujours pas au rendez-vous mais la BCE a signifié que, probablement, le point bas des anticipations d'inflation avait été touché au début de l'année 2015 lorsque le prix du pétrole était très bas ». En somme, les analystes de Natixis s’attendent désormais à une remontée de l’inflation, généralement vue comme un bon signe pour retrouver une économie européenne moins figée qu’au cours des dernières années.

Néanmoins, on a pu voir dernièrement que cette même inflation peut également se traduire par des mouvements quelque peu erratiques sur les marchés de taux. C’est pour cette raison que Natixis AM tempère tout de même son enthousiasme, terminant sur l’idée que « le principal risque [en zone euro] réside dans une remontée trop rapide des anticipations d’inflation sous l’effet du redressement des cours des matières premières, et plus particulièrement du pétrole ».

X. Bargue

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  • M3182284 le mardi 26 mai 2015 à 16:31

    à poil les shorts