Malgré le Brexit, l'intérêt du Golfe pour la pierre londonienne devrait perdurer

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Le Qatar est l’un des investisseurs les plus médiatisés à Londres. Un secteur de Londres a été baptisé «Quartier du Qatar». Dans le quartier huppé de Mayfair, les qataris possèdent 1,21 milliard d’euros en immobilier.

Savoy, Shard, Harrods: l’immobilier au Royaume-Uni a toujours été un aimant pour les investisseurs du Golfe qui y ont placé des dizaines de milliards, en particulier à Londres, et ce fort engouement devrait perdurer en dépit du Brexit, selon des analystes. Les investissements des pétromonarchies du Golfe dans l’immobilier britannique vont des hôtels de luxe aux immeubles de bureaux en passant par des résidences cossues et des manoirs immenses. La manne pétrolière de la décennie écoulée a contribué à canaliser plus de richesse dans la pierre londonienne notamment.

«A court terme, il y aura une certaine prudence, mais pas de ventes notables», estime l’économiste Monica Malik de l’Abu Dhabi Commercial Bank. «Une réaction impulsive ou de panique est peu probable». Selon la chaîne CNBC Arabiya, les investissements du Golfe au Royaume-Uni totalisent 200 milliards de dollars (182 milliards d’euros), dont 45 milliards de dollars (41 milliards d’euros) dans l’immobilier, soit 40% de l’ensemble des placements du Golfe dans l’immobilier européen. «L’immobilier au Royaume-Uni est très attrayant et a été un vecteur performant. La demande étrangère sous-jacente devrait rester forte une fois que les incertitudes auront disparu», explique à l’AFP Monica Malik.

Parmi les principaux biens tenus par des investisseurs du Golfe figurent les 50% des parts du Qatar dans le légendaire hôtel londonien Savoy. Ce riche émirat gazier est également propriétaire du gratte-ciel Shard, dans le centre de Londres, et du non moins célèbre grand magasin Harrods. Signe de la forte présence d’investisseurs qataris, un secteur de Londres a été baptisé «Quartier du Qatar», pays dont des ressortissants possèdent à Mayfair, quartier huppé de Londres, des biens immobiliers estimés en début d’année à un milliard de livres sterling (1,21 milliard d’euros) par l’agence immobilière Rokstone. La famille régnante des Emirats arabes unis est, elle aussi, propriétaire de biens prestigieux dans la capitale britannique. Le Qatar est l’un des investisseurs les plus médiatisés à Londres.

Un «coup à jouer» du fait de la faiblesse de la livre

La chute de la livre sterling dans la foulée du Brexit constitue, comme pour d’autres, une nouvelle opportunité pour les investisseurs des six pétromonarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG), dont les monnaies sont indexées principalement sur le dollar. La baisse de la livre «pourrait rendre le Royaume-Uni encore plus attractif pour les ressortissants du CCG, désireux d’investir dans la pierre londonienne», souligne Neil Partrick, expert du Golfe. «La sortie du Royaume-Uni (de l’Union européenne) a affaibli la livre, ce qui rendra l’immobilier moins cher pour les investisseurs dont les monnaies sont liées au dollar», juge Dana Salbak, partenaire associée au cabinet Knight Frank property. Les acheteurs potentiels ont été prudents ces derniers mois, adoptant «une attitude attentiste», précise-t-elle.

A des niveaux individuels, des investisseurs du CCG achètent des résidences au Royaume-Uni pour leur propre utilisation, et pas obligatoirement comme un investissement, poursuit Dana Salbak. «Tous les accords commerciaux qui devront être renégociés (avec l’UE) ne vont pas nécessairement avoir un impact sur les habitudes d’achats (des ressortissants du Golfe) et Londres restera une destination agréable pour eux», conclut-elle. Pour Damian Wild, rédacteur en chef de l’hebdomadaire Estates Gazette spécialisé dans l’immobilier, «l’histoire à moyen terme restera forte» avec certainement un coup à jouer du fait de la faiblesse de la livre.

Le Qatar, par exemple, a «fortement investi à Londres pour du long terme et, si on met le court terme de côté, il n’y a aucune raison pour que cela ne continue pas», explique-t-il. Selon Neil Partrick, des facteurs «historiques et linguistiques» pourraient également contribuer à maintenir l’attrait du Royaume-Uni pour les investisseurs du Golfe. La plupart des pays du CCG sont d’anciens protectorats britanniques et l’anglais est la seconde langue parlée dans le Golfe où résident d’importantes communautés britanniques. Les Britanniques figurent au deuxième rang des investisseurs immobiliers dans l’émirat de Dubaï.

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