Malaise diplomatique entre Paris et Bruxelles sur les migrants

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    PARIS, 22 septembre (Reuters) - L'interpellation mardi dans 
le nord de la France de deux policiers belges roulant à bord 
d'un fourgon transportant treize migrants a provoqué un malaise 
diplomatique entre Bruxelles et Paris, qui demande des 
explications.  
    Les fonctionnaires belges, qui avaient déposé les migrants 
dans un champ de maïs du côté français de la frontière sans 
avoir prévenu leurs homologues français, ont été relâchés après 
avoir été entendus avec le statut de témoins dans un 
commissariat, a indiqué la préfecture du Nord.  
    Le ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a 
téléphoné à son homologue belge mercredi matin, puis a convoqué 
l'ambassadeur belge à Paris pour lui exprimer son 
mécontentement, a-t-on indiqué au ministère de l'Intérieur. 
    "Il n'est pas question que ça se reproduise. C'est contraire 
aux règles de droit et de la coopération entre les deux pays", 
a-t-on précisé. 
    "Il y a une convocation de l'ambassadeur, il y a des 
clarifications qui devront être données", a déclaré jeudi le 
porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, à l'issue du 
Conseil des ministres.  
    "Ce fait a conduit le ministre de l'Intérieur à convoquer 
l'ambassadeur pour avoir une explication, elle sera sûrement 
franche et claire", a-t-il ajouté. 
    Le ministère belge des Affaires étrangères n'a pas confirmé 
la convocation de son ambassadeur. 
    Selon une source proche de l'enquête, les deux policiers 
belges ont reconnu lors de leur audition que "ce n'était pas 
forcément la première fois" qu'ils avaient recours à ce genre de 
pratique. 
    Selon la radio-télévision belge RTBF, les deux policiers 
belges, qui dépendent du commissariat d'Ypres, ont voulu "donner 
un coup de main" à des migrants qu'ils venaient d'interroger au 
commissariat. 
    "On n'a pas fait ça pour gagner de l'argent, ce n'est pas du 
trafic de personnes. On a seulement donné un coup de main. On ne 
voulait pas les relâcher dans une ville où ils ne connaissent 
rien juste avant la nuit", a dit le commissaire d'Ypres, Georges 
Aeck, à la RTBF. 
    Le camp de Calais, où se trouvent quelque 10.000 migrants 
qui souhaitent passer au Royaume-Uni, est situé à une 
cinquantaine de kilomètres du lieu où les policiers belges ont 
été interpellés avec les migrants. 
    La Belgique a réintroduit au début de l'année des contrôles 
aux frontières avec la France, de nombreux migrants vivant à 
Calais tentant leur chance dans les ports belges. 
    Pour Didier Guillaume, président du groupe socialiste au 
Sénat, "c'est une très mauvaise histoire belge". 
    "Je pense qu'il faut que les services s'expliquent, que les 
gouvernements s'expliquent, ce n'est pas acceptable. Il faut 
savoir ce qu'il en est", a-t-il dit sur iTELE. 
    "Il y a un gros dysfonctionnement. S'il est avéré, c'est 
grave (...) si effectivement cela se reproduit régulièrement 
depuis plusieurs semaines, si c'est organisé, c'est un vrai 
problème", a-t-il ajouté. 
 
 (Emmanuel Jarry, avec Gérard Bon et Jean-Baptiste Vey, édité 
par Yves Clarisse) 
 
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