Maiyet ou le luxe éthique par amour pour la planète

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https://twitter.com/i/#!/maiyet/ 2012 Twitter
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(AFP) - Des soies colorées, brodées, des batiks, du cuir et des bijoux pour une mode ultraféminine résolument contemporaine : bienvenue dans l'univers de Maiyet, nouvelle maison de "luxe éthique", née de la rencontre d'un avocat défenseur des droits de l'homme avec une femme d'affaires américaine.

Maiyet a présenté sa collection printemps-été 2013 lundi à Paris.

Fondée en 2010 par Paul van Zyl, avocat sud-africain au service de la réconciliation post-Apartheid, et Kristy Caylor, Californienne férue de mode et de causes humanitaires et écologistes, Maiyet fait appel au savoir-faire ancestral de communautés d'artisans d'Inde, d'Indonésie, du Pérou, de Colombie, de Mongolie et du Kenya.

C'est Gabriella Zanzani, styliste américaine (Calvin Klein, Céline, Ralph Lauren), qui imagine les collections à partir des matières et matériaux travaillés par ces artisans : soie et broderie de Bénarès, de Jaipur, batiks indonésiens, tricots et tissages péruviens, cuir, corne, os, métal du Kenya...

"Nous avons voyagé dans 25 villes ensemble, Paul et moi. Aujourd'hui nous travaillons avec environ 250 personnes, au savoir-faire unique et rare", explique à l'AFP Kristy Caylor.

"Ce sont nos partenaires, ils voient nos collections, nous les aidons à améliorer la qualité de leurs produits et nous les payons en conséquence. Leur niveau de vie s'améliore et ils peuvent vendre leurs produits en dehors de leur marché local", ajoute-t-elle.

Ces artisans bénéficient aussi de formations, d'équipements et de conseils d'experts, en partenariat avec l'ONG népalaise Nest, qui réinvestit 5% de ses ventes dans la formation de son personnel et l'achat de machines pour ses ateliers situés en Inde, au Kenya, en Colombie et ailleurs.

"On les prend au sérieux, ils ont un talent incroyable et on les aide à le faire valoir. Les artisans de France et d'Italie nous ont montré le chemin mais il y a un savoir-faire artisanal extraordinaire partout sur la planète", ajoute Paul van Zyl qui se défend de toute "exploitation".

Anti "made in China"

"Prenez nos artisans à Bénarès. Lorsque nous les avons rencontrés ils travaillaient à la maison, pendant la mousson le toit a été endommagé et la pluie a coulé sur le métier à tisser. Ils ont dû tout recommencer, n'ont pu travailler que quelques heures par jour et aujourd'hui ils sont en crise, pourquoi ? Parce que la soie tissée depuis des siècles à la main a été copiée. Une soie de mauvaise qualité est fabriquée en masse en Chine et revendue en Inde à un prix beaucoup plus bas", raconte-t-il.

C'est aussi à Bénarès, ajoute Paul van Zyl, qu'un de ces mêmes artisans, très excité à la lecture d'un petit article dans Vogue sur la soie utilisée par Maiyet, a réclamé trois mois plus tard à Kristy et Paul qui lui demandaient de quoi il avait besoin, "des cours d'anglais, un nouvel ordinateur et un abonnement à Vogue".

Pour autant, Paul et Kristy se défendent d'être "des anti made in China". "Si nous sommes contre quelque chose, dit Kristy, c'est contre la production de masse aveugle de basse qualité. Nous voulons au contraire qu'elle soit faite à partir de choses rares et uniques, insolites". "Nous croyons que c'est aussi cela l'avenir du luxe".

"Oui, l'avenir du luxe c'est la célébration du rare et de l'unique", acquiesce Paul.

Lundi, au palais de Tokyo, le défilé printemps-été 2013 a offert au public un festival de légèreté et d'élégance aux couleurs éclatantes: robes, jupes, shorts ou pantalons en soies fluides ou épaisses, brodées et superposées, tuniques et sahariennes déstructurées, petites vestes en cuir colorées, rehaussées de bijoux ethniques ou de précieux sautoirs tombant au creux du dos.

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