Mais que doit faire la FFR ?

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Mais que doit faire la FFR ?
Mais que doit faire la FFR ?

Depuis samedi et l'élimination du XV de France en quarts de finale de la Coupe du monde, nous vous sollicitons via une consultation pour évaluer les responsabilités dans le fiasco actuel du rugby français. Selon vous, à 52% (relevé à 16h45 ce mardi 20 octobre), la FFR est jugée comme la première responsable de l'échec des Bleus. Etat des lieux.

Une réaction de la part de la gouvernance de la Fédération française était attendue depuis samedi après l’humiliante élimination de l’équipe de France. Elle a mis du temps à arriver, mais finalement, dans un entretien accordé à l’Agence France Presse lundi en fin de journée, Pierre Camou, le président de la FFR, a reconnu qu’il fallait trouver un « autre système ». « On ne peut pas isoler une seule cause (la Fédération), il y a plusieurs paramètres à prendre en compte, commente Jean-Marc Lhermet, directeur technique de Clermont. Il faut une remise en cause générale, la Fédération et la Direction Technique Nationale (DTN) doivent travailler ensemble et trouver des pistes d’évolution ».

Un problème de direction ?

Les hauts dirigeants du rugby français, à l’instar de Paul Goze, président de la Ligue nationale, et Pierre Camou, sont loin de faire l’unanimité : « Il faut arrêter avec tous ces gens qui ne servent à rien, qui sont là depuis trop longtemps et qui ne font rien si ce n’est assister aux banquets et aux festins. Ce n’est pas ça le rugby, s’exclame Mourad Boudjellal. On a besoin de gens qui mettent les mains dans le cambouis, qui ont de la compétence et qui maitrisent les enjeux des années à venir. »

Pour l’ancien international et capitaine du XV de France Abdelatif Benazzi, même constat ou presque : « Il faut sortir de ce conservatisme. Il y a des gens qui sont là depuis trop longtemps. On parle beaucoup des valeurs du rugby, de la solidarité, mais il n'y en a pas à ce niveau-là. C'est une structure institutionnelle qui ne réfléchit pas à la façon d'améliorer les choses », déplore le nouveau manager de Montpellier dans les colonnes du Parisien. Pourtant, lundi Pierre Camou a ouvert la porte à certaines évolutions.

Vers des contrats fédéraux ?

C’est une idée qui a été mise sur le tapis : la possibilité que la FFR achète le contrat de certains de ses internationaux afin que les joueurs soient à disposition de la Fédération : « C’est un faux problème, ce n’est pas dans notre culture, juge le directeur technique de l’ASM, Jean-Marc Lhermet. Notre championnat est un championnat de clubs et il marche très bien. On doit s’appuyer sur l’ossature des clubs et travailler en harmonie pour les intérêts de l’équipe de France. »

Ce système de contrats fédéraux est déjà pratiqué par les quatre grandes nations du Sud, ainsi que l’Irlande et le Pays de Galles. « Les contrats fédéraux sont une piste qui n’est pas à négliger. J’entends des présidents hurler parce que leurs joueurs gallois ou irlandais repartent en équipe nationale en pleine semaine mais pour être prêt au niveau international, il faut avoir les joueurs à disposition pour développer des repères collectifs », constate pour sa part l’ancien troisième ligne international Laurent Cabannes, invité lundi soir dans l’Access365.

Un calendrier surchargé ?

C’est un éternel débat. Les joueurs français sont-ils exténués par le calendrier et disputent-ils trop de matchs ? « Il faut repenser le Tournoi des VI Nations, les tournées d'été et d'automne, et la Coupe d'Europe. Sans doute faudrait-il que ces compétitions n'interfèrent pas avec les championnats nationaux. Que tout soit séparé, propose Abdelatif Benazzi. Pour le moment, en France, chacun défend son territoire, et le joueur est au milieu. Il s'y retrouve financièrement, mais pas physiquement. »

Laurent Cabannes va dans ce sens : « Quand on joue dans l’hémisphère sud c’est plutôt au mois de juin après dix mois de rugby, on envoie nos joueurs fatigués à l’autre bout du monde. On s’est fait dérouiller à chaque fois, ce calendrier est à revoir, commente l’homme aux 49 sélections. On doit prendre des mesures et pas des mesurettes. »

De son côté, Jean-Marc Lhermet tient à nuancer : « Oui le calendrier est surchargé, mais pour quinze joueurs sur 500, relativise le directeur technique de l’ASM. Ils cumulent les matchs de championnat, de Coupe d’Europe, de phases finales et de sélection. Pour les autres joueurs, le calendrier est normal. Pour cette poignée de joueurs le calendrier est déséquilibré, ils jouent trop et ont besoin de plus de récupération. Il faut une refonte globale. » Ce qui est sûr à l’évocation de tous ces sujets, c’est qu’aucun d’entre eux ne fait l’unanimité. Ils promettent de nombreux débats animés. Mais indispensables.

Alexis KUNZ

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