"Mafia capitale": le maire de Rome saisit l'Autorité anticorruption

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ROME, 4 décembre (Reuters) - Le maire de Rome, Ignazio Marino, a ordonné jeudi un audit sur une série de contrats passés par la ville à la suite de révélations sur des liens entre la classe politique et le crime organisé dans la capitale italienne. Baptisée "Mafia capitale", cette vaste enquête pour association mafieuse et corruption a donné lieu à 37 arrestations mardi. Une quarantaine d'autres suspects, dont l'ancien maire Gianni Alemanno, sont visés par l'enquête. D'après les enquêteurs, une "vaste structure mafieuse" mêlant politiques, dirigeants de sociétés publiques et membres de groupes d'extrême droite a profondément infiltré l'économie de la capitale italienne. Gianni Alemanno, qui a dirigé la ville entre 2008 et 2013, dément toute malversation mais a démissionné de la direction de Frères d'Italie-Alliance nationale, parti de la droite post-fasciste italienne. Plusieurs responsables de la municipalité actuelle sont également visés, de même que des figures de la droite italienne mais aussi des membres du Parti démocrate (PD) de Matteo Renzi, le président du Conseil italien. Après des appels à une démission collective de son équipe, Ignazio Marino, qui a succédé à Alemanno en juin 2013, a demandé à l'Autorité nationale anticorruption d'enquêter sur une série de contrats douteux ou opaques passés par la ville. Parmi les documents rendus publics par les enquêteurs figurent des transcriptions de conversations montrant comment des entrepreneurs ont décroché des contrats publics. "As-tu la moindre idée de ce que tu pourrais gagner sur les immigrés ? Le trafic de drogues rapporte moins", peut-on lire sur un de ces documents où il est question d'une captation des subventions publiques versées aux structures d'accueil temporaire des Roms et des migrants. Selon la police, l'affaire "Mafia capitale" n'a pas de lien avec les familles mafieuses de Sicile (Cosa Nostra), de Naples (la Camorra) ou de Calabre (la 'Ndrangheta). Le réseau trouverait en revanche son origine dans la mouvance des groupes néo-fascistes armés des "années de plomb", les années 1970 et 1980, liés avec la bande de la Magliana, une organisation criminelle portant le nom d'un quartier à la périphérie de Rome. (James Mackenzie; Henri-Pierre André pour le service français)

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