Mads Mikkelsen, de retour à Cannes dans un rôle héroïque en français

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Mads Mikkelsen assouvit sa vengeance dans "Michael Kohlhaas". Les Films d'Ici. All Rights Reserved.
Mads Mikkelsen assouvit sa vengeance dans "Michael Kohlhaas". Les Films d'Ici. All Rights Reserved.

(AFP) - Le visage angulaire et ténébreux de Mads Mikkelsen - intègre marchand de chevaux du XVIe siècle victime d'une injustice - est de retour en compétition à Cannes dans les somptueux paysages naturels de "Michael Kohlhaas" d'Arnaud des Pallières, tourné en français.

Le Danois avait remporté l'an dernier le prix d'interprétation masculine pour son rôle dans "La Chasse" de Thomas Vinterberg. Il s'était alors excusé de ne pas parler français, "sauf quand il a bu".

Il revient cette année dans une coproduction franco-allemande, où il joue dans la langue de Molière avec un accent danois. "J'adore être ici, on devrait en faire une tradition!" a plaisanté vendredi le Danois devant la presse.

"Travailler en français est évidemment très difficile", a admis l'acteur, dont le visage buriné, les yeux perçants et le jeu subtil sont sans cesse scrutés en plans très rapprochés.

Le film pêche peut-être par quelques longueurs. Mais on entre avec bonheur dans des "panoramiques" austères et magnifiques des montagnes des Cévennes et du Vercors, souvent tournés au crépuscule sous des ciels menaçants, baignant dans les ocres et gris-bleus. Presque tout le film a été tourné en extérieur, "un cadeau" pour les acteurs, dit Mads Mikkelsen.

"En regardant +Les Sept Samouraïs+, nous avions été frappés par l'emploi sec et dynamique du panoramique chez Kurosawa. Nous en avons fait la figure principale de notre film", confirme Arnaud des Pallières.

Le scénariste-réalisateur-monteur "n'a pas voulu perdre trop de temps dans la reconstitution historique". De fait, les décors et les costumes sont minimalistes. "Je m'intéresse aux êtres humains", insiste-t-il.

Tiré d'un grand classique de la littérature allemande de Heinrich von Kleist, le scénario francisé raconte l'histoire d'un homme prospère et pieux, qui lève une armée pour se venger d'un petit seigneur local, qui lui a volé ses chevaux et qu'il soupçonne d'avoir fait tuer sa femme.

Le film ne baigne pas dans le lyrisme enfiévré des champs de bataille. La violence est évoquée par touches froides et minimalistes. Les effets sont limités : quand le héros se rend au château du baron avec quelques compagnons pour assouvir sa vengeance, la tuerie se fait dans un silence impressionnant, juste troublé par les cris d'un nouveau-né.

"Je suis très touché par le personnage. Sur le point de prendre le pouvoir, il dissout son armée par rigueur morale, parce qu'on lui donne raison", souligne le réalisateur, ébloui par ce texte dans sa jeunesse.

"Le personnage est radical. Kohlhaas croit à la justice et devient un homme aveuglé par sa quête de justice", analyse son interprète Mads Mikkelsen. "Au final il perd tout, mais il est heureux."

La lutte contre l'injustice de ce marchand du XVIe est très actuelle : "c'est un thème universel", juge le Danois.

cm/da/bma

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