Madrid se finance bien moins cher, grâce à la BCE

le
2
DES RENDEMENTS EN NETTE BAISSE POUR LA NOUVELLE ADJUDICATION ESPAGNOLE
DES RENDEMENTS EN NETTE BAISSE POUR LA NOUVELLE ADJUDICATION ESPAGNOLE

par Paul Day et Raoul Sachs

MADRID/PARIS (Reuters) - L'Espagne a bénéficié jeudi matin des espoirs placés dans la Banque centrale européenne pour emprunter 3,5 milliards d'euros de dette à moyen terme, soit le maximum visé, à des taux bien plus bas que lors des précédentes adjudications.

De son côté, la France a continué de bénéficier de conditions de financement extrêmement bonnes. Elle a émis 7,98 milliards d'euros d'obligations assimilables du Trésor (OAT), soit le haut de la fourchette annoncée (7,0 à 8,0 milliards d'euros) à des taux très bas que lors des émissions précédentes.

Ainsi, le taux moyen de l'OAT de référence à 10 ans (3,0% octobre 2022) est ressorti à un plus bas record de 2,21%, soit 32 points de base (0,32%) de moins que lors de la dernière adjudication en juillet.

Pour l'Espagne, la baisse des taux est plus spectaculaire sur les maturités offertes : 2,798% pour l'obligation 2014 (contre 4,706% en juin), 3,676% pour la 2015 (contre 5,086% en juillet) et 4,603% pour la 2016 (contre 5,971% en août).

Depuis que Mario Draghi, président de la BCE, a prévenu le 26 juillet que la banque centrale ferait tout pour sauver la zone euro et s'emploierait à réduire les écarts considérables entre les taux excessivement bas des pays du noyau et ceux des pays en difficulté.

Le taux à deux ans de l'Espagne est ainsi tombé de 6,95% avant la déclaration de Mario Draghi à 3,3%.

A l'issue du conseil des gouverneurs de la BCE, Mario Draghi devrait préciser les mesures qu'il compte prendre pour sortir la zone euro de la crise de la dette souveraine et aider les pays fragilisés, comme l'Espagne, à se refinancer à des conditions soutenables.

CONTRASTE FRANCE-ALLEMAGNE

"Les taux moyens sont significativement plus bas que lors des émissions précédentes, illustrant ainsi les fortes anticipations d'un programme de grande ampleur d'achat d'obligations de maturités courtes sur les marchés périphériques par la BCE", estime Nick Stamenkovic, stratégiste obligataire chez Ria Capital Markets.

Alessandro Giansanti, stratégiste chez ING à Amsterdam, explique que l'Espagne a choisi d'émettre des titres de maturités courtes parce que Mario Draghi a laissé entendre que les rachats porteraient sur des échéances courtes - jusqu'à trois ans.

La semaine aura été très active en termes d'émission. Les Pays-Bas, l'Autriche, la Belgique et l'Allemagne ont sollicité le marché. Seule l'Allemagne, qui bénéficie des taux les plus bas, a subi un revers.

"L'adjudication française contraste sérieusement avec celle de l'Allemagne avec de bons taux de couverture", commente Peter Chatwell (Crédit agricole Londres).

Mercredi, l'agence de la dette allemande, qui comptait émettre 5,0 milliards d'euros d'un nouveau Bund de référence à 10 ans, n'a pu en placer que 3,6 milliards d'euros, la demande (3,9 milliards d'euros) ayant été inférieure à l'offre.

Des professionnels soulignent que l'Allemagne a souffert de la proximité de la réunion du Conseil de la BCE, qui a réorienté l'attention sur les marchés espagnol, et dans une moindre mesure italien. Ils ajoutent que les investisseurs préfèrent des titres français ou autrichiens, qui offrent une bonne sécurité et des rendements supérieurs aux Bunds. Le taux du Bund 10 ans tendait en fin de matinée de 5,0 points de base à 1,46%.

L'AFT a pu ainsi émettre, outre l'OAT 10 ans, une nouvelle OAT à 15 ans, avec un coupon (2,75%), le plus bas sur cette maturité. Le taux moyen à l'adjudication (2,85%) est le plus bas jamais établi lors d'une adjudication.

Globalement le ratio de couverture (montant demandé sur montant servi) de l'opération française est ressorti à 2.

Avec le government bond desk à Londres, édité par Dominique Rodriguez

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • paullan4 le jeudi 6 sept 2012 à 14:57

    Même observation pour tous les pays en deficit et dont la dette ne fait que croitre. Quand ils remboursent un emprunt, ils ne font simplement que remplacer une dette par une autre dette plus élevés.Si votre dette ne fait que croître, en réalité vous ne remboursez rie. C'est ce que l'on appelle de la cavalerie dont la definition est la suivante:La cavalerie est un processus financier où de nouveaux emprunts servent sans cesse à rembourser les emprunts antérieurs..

  • marshaka le jeudi 6 sept 2012 à 12:30

    Je ne vois pas la bonne nouvelle, de toute façon Madrid ne remboursera jamais ces dettes

Partenaires Taux