Madrid retire son projet de loi sur l'avortement

le
0

(Actualisé avec démission du ministre de la Justice) MADRID, 23 septembre (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, a annoncé mardi le retrait du projet controversé de réforme du droit à l'avortement, qui aurait fait de l'Espagne l'un des pays européens les plus restrictifs en la matière. Le projet de loi, qui limitait l'avortement aux cas de viols et de mise en danger de la santé de la mère, a été à l'origine d'importantes manifestations et a divisé le Parti populaire (PP) au pouvoir. Il faisait partie des promesses de campagne du PP pour les législatives de 2011 mais, selon les instituts de sondage, l'opinion y était majoritairement hostile. "En tant que président du gouvernement, j'ai pris la décision la plus sensée", a déclaré Mariano Rajoy. Son ministre de la Justice, Alberto Ruiz-Gallardon, à l'origine du projet, lui a remis sa démission quelques heures plus tard. L'ancien maire de Madrid a ajouté qu'il se retirait par la même occasion de la vie politique. A gauche, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) s'est félicité de ce recul. "Il était temps que Rajoy se rende compte qu'il n'a pas à se mêler de la liberté des femmes", a dit la députée socialiste Carmen Monton. Le chef du gouvernement a cependant indiqué son souhait de modifier la loi relative à l'avortement pour que les jeunes filles de moins de 18 ans ne puissent pas mettre un terme à leur grossesse sans accord parental. Il a également dit que des mesures allaient être mises en place d'ici la fin de l'année pour soutenir les familles. L'interruption volontaire de grossesse est légale depuis 1985 en Espagne et depuis 2010, il est possible jusqu'à 14 semaines de grossesse, voire 22 dans le cas d'anomalies graves. (Sonya Dowsett et Raquel Castillo; Clémence Apetogbor et Henri-Pierre André pour le service français)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant