Madrid refuse d'extrader d'ex-responsables franquistes en Argentine

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MADRID, 13 mars (Reuters) - L'Espagne a rejeté vendredi la demande d'extradition de vingt anciens responsables franquistes, dont deux ex-ministres, déposée en novembre dernier par une magistrate argentine qui les accuse de violations des droits de l'homme du temps du "Caudillo". Le ministère espagnol de la Justice, pour motiver sa décision, invoque la prescription et aussi la compétence préférentielle, qui permet à un Etat de refuser une extradition s'il peut lui-même engager des poursuites contre les suspects. Les crimes reprochés par la juge argentine aux vingt anciens responsables remonteraient aux années 1970, alors qu'une loi espagnole de 1973 fixe un délai de prescription de quinze ans. La demande avait été déposée en novembre par la juge fédérale Maria Servini de Cubria. Celle-ci instruit les plaintes de familles de victimes du régime franquiste qui se sont tournées vers l'Argentine en vertu du concept de "compétence universelle". Parmi les personnalités franquistes dont elle réclamait l'arrestation et l'extradition figuraient deux anciens ministres du général Francisco Franco, Jose Utrera Molina, 88 ans, et Rodolfo Martín Villa, 80 ans. Les autorités espagnoles avaient brièvement détenu l'ancien dictateur chilien Augusto Pinochet en 1998 sur les mêmes bases de la "compétence universelle", un concept de droit permettant à un Etat de poursuivre les auteurs présumés de crimes graves quel que soit le lieu où ils ont été commis. En avril dernier, la justice espagnole, invoquant les règles de prescription, s'était déjà opposée à une précédente demande de l'Argentine qui voulait faire extrader un ancien policier franquiste. (Paul Day; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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