Madrid et Lisbonne appellent à l'union bancaire face à Berlin

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MADRID ET LISBONNE APPELLENT À MENER À BIEN L'UNION BANCAIRE
MADRID ET LISBONNE APPELLENT À MENER À BIEN L'UNION BANCAIRE

par Ingrid Melander et Julien Toyer

BRUXELLES/ MADRID (Reuters) - L'Espagne et le Portugal appellent lundi la zone euro à mener à bien l'union bancaire alors que l'Allemagne met en avant les obstacles juridiques à l'introduction de l'un des éléments clés du projet, qui est le traitement des banques en dépôt de bilan.

"Il est indispensable de nous en tenir au calendrier prévu pour l'union bancaire et de prendre des mesures qui garantissent un accès au crédit pour les ménages et les petites entreprises", a déclaré le président du gouvernement espagnol Mariano Rajoy.

"L'union bancaire est un gage de crédibilité de l'Union européenne", a-t-il dit à la presse après avoir rencontré le Premier ministre portugais Pedro Passos Coelho, qui a soutenu son appel à la mise en place de la réforme la plus ambitieuse de l'Union européenne à la suite de la crise financière.

Cet appel intervient alors que les ministres des Finances de la zone euro se réunissent à Bruxelles et que le ministre allemand Wolfgang Schäuble a réaffirmé sa conviction que la mise en place du mécanisme unique de résolution prévu dans le cadre de l'union bancaire nécessitait une modification des traités.

Pour éviter de revoir les traités et avancer tout de même vers une "sorte" d'union bancaire, Berlin propose de s'en tenir pour l'instant au stade intermédiaire d'un réseau coordonné d'autorités nationales de résolution bancaires, plutôt que de mettre en place une nouvelle autorité unique européenne.

"Il s'agirait d'une union bancaire avec un cadre en bois et non en acier", a-t-il écrit dans une tribune parue dans l'édition de lundi du Financial Times.

La plupart des pays et des institutions de la zone euro estiment qu'une union bancaire totale, qui contribuerait au règlement de la crise bancaire, est une nécessité urgente pour restaurer la confiance des investisseurs.

"ALLER AUSSI VITE QUE POSSIBLE"

Dans le cadre du plan, les plus grandes banques seraient supervisées par la Banque centrale européenne (BCE) à partir du milieu de l'an prochain. Un mécanisme unique de liquidation pour fermer progressivement les banques insolvables est également prévu. Quant au projet d'une garantie des dépôts commune, il ne devrait pas voir le jour avant longtemps.

Mais alors que l'instance de supervision bancaire de la BCE semble devoir être mise en place dans les délais prévus, l'autorité unique qui déciderait et financerait la fermeture des banques ne devrait pas prendre rapidement forme en raison des obstacles avancés par l'Allemagne. Une révision des traités européens prendrait des années et le nouveau traité risque d'être rejeté par l'un des parlements des 27 membres de l'UE.

Le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem a jugé que la zone euro pouvait progresser vers l'union bancaire sans avoir à s'accorder au préalable sur une modification des traités, tout en se montrant ouvert à la position allemande.

"Je crois que les Allemands posent des questions qui peuvent se comprendre, auxquelles il faudra répondre. Mais je ne vois pas pourquoi cela devrait nous empêcher d'avancer sur l'union bancaire", a-t-il dit à la presse avant l'Eurogroupe.

Certains responsables politiques pensent que Berlin exige une modification des traités pour repousser la discussion après les élections législatives de septembre, qui risquent d'exposer la chancelière Angela Merkel à une grogne populaire croissante face aux renflouements de banques et d'Etat de la zone euro.

La France a également appelé à accélérer le processus.

"Nous devons aller vite, aussi vite que possible, et avoir une union bancaire globale", a déclaré le ministre des Finances Pierre Moscovici à la presse avant la réunion de l'Eurogroupe.

Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat

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