Madrid demande à la CE de ne pas la pénaliser sur son déficit

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L'ESPAGNE DEMANDE À BRUXELLES DE NE PAS AVOIR D'AMENDE POUR SON DÉFICIT
L'ESPAGNE DEMANDE À BRUXELLES DE NE PAS AVOIR D'AMENDE POUR SON DÉFICIT

MADRID (Reuters) - Le président du gouvernement espagnol par intérim, Mariano Rajoy, a adressé un courrier à la Commission européenne lui demandant de ne pas appliquer à son pays une amende pour manquement aux objectifs de réduction du déficit budgétaire en 2015.

Mariano Rajoy explique dans cette lettre envoyée au président de l'exécutif européen Jean-Claude Juncker que l'Espagne a consenti d'importants efforts, réduisant de moitié son déficit public, au cours des quatre dernières années, indique le quotidien El Pais.

Un porte-parole de la Commission européenne a confirmé qu'un courrier de l'Espagne avait été reçu et qu'il allait être examiné.

Une source au sein du gouvernement espagnol a précisé que la lettre reprenait des informations qui avaient déjà été transmises à Bruxelles lors des derniers plans de réduction du déficit budgétaire.

Celui-ci devait être ramené à 4,2% du PIB pour 2015 mais cet objectif n'a pas pu être atteint en raison d'une hausse des dépenses des régions et d'une baisse des revenus tirés des cotisations sociales.

La Commission européenne envisage d'infliger des pénalités à l'Espagne et au Portugal en raison de ces manquements. Toutefois, des responsables ont expliqué à Reuters que la sanction pourrait être symbolique.

La pénalité maximale est de 0,2% du PIB, ce qui équivaudrait dans le cas de l'Espagne à 2,16 milliards d'euros.

Bruxelles pourrait également se montrer conciliant sur ce sujet et accorder un délai d'une ou deux années supplémentaires afin de permettre à l'Espagne de parvenir à la recommandation d'un déficit budgétaire de 3% du PIB, précisent plusieurs sources.

En maîtrisant mieux les dépenses des régions et en comptant sur une reprise économique, l'Espagne pourrait ramener son déficit à 3,6% cette année contre les 2,8% qui étaient anticipés. Les autorités communautaires tablent, elles, sur un chiffre de 3,8% en 2016 et 3,1% en 2017.

Cette question épineuse intervient à un moment délicat pour Mariano Rajoy qui n'est pas parvenu à constituer un gouvernement de coalition après les élections de décembre qui ont laissé le pays sans majorité claire au parlement.

De nouvelles élections législatives doivent avoir lieu le 26 juin.

(Sarah White et Robert-Jan Bartunek à Bruxelles; Pierre Sérisier pour le service français)

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