Madrid admet être exclue des marchés

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Madrid admet être exclue des marchés
Madrid admet être exclue des marchés

par Julien Toyer et Tetsushi Kajimoto

MADRID/TOKYO (Reuters) - L'Espagne a reconnu mardi que les marchés lui sont fermés alors que les grands argentiers du G7 ont évoqué lors d'une conférence téléphonique les progrès en vue d'une union budgétaire et financière en Europe sur fond de nouveaux signaux de rechute en récession de la zone euro.

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7 se sont entendus pour travailler de concert à résoudre les problèmes affectant la zone euro mais n'ont publié aucun communiqué commun à l'issue d'une téléconférence convoquée en urgence.

"Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G7 ont examiné les développement de l'économie mondiale et des marchés financiers et les réponses politiques qui sont à l'étude, y compris les progrès vers une union fiscale et budgétaire en Europe", a indiqué le Trésor américain dans un communiqué.

"Je pense que l'anxiété des marchés a propos de l'économie mondiale provient largement des problèmes en Europe", a déclaré le ministre japonais des Finances Jun Azumi, à des journalistes à Tokyo.

"Les dirigeants des principaux pays européens ont exprimé des points de vue très déterminés (...) Nous leur avons demandé de prendre des mesures l'une après l'autre pour soulager non seulement notre anxiété mais aussi celle des marchés financiers", a-t-il ajouté.

PAS D'APPEL À L'AIDE INTERNATIONALE

Le ministre espagnol du Trésor a admis que les coûts de financement que Madrid doit supporter lui ferment de fait la porte des marchés.

"La prime de risque signifie que l'Espagne n'a pas d'accès au marché", a dit Cristobal Montoro sur la radio Onda Cero.

Selon lui, les banques espagnoles devraient être recapitalisées grâce à des "mécanismes européens", une position qui tranche avec la doctrine jusqu'alors défendue par les autorités qui considéraient pouvoir lever des fonds pour renflouer leur système bancaire.

Cristobal Montoro a toutefois assuré qui ne la France ni l'Allemagne n'avaient incité Madrid à solliciter une aide internationale.

Le Commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires Olli Rehn a aussi souligné que l'Espagne n'avait pas demandé d'assistance financière et que le pays s'emploie à assurer sa stabilité budgétaire et à restructurer ses banques.

Dans son édition à paraître mercredi, le quotidien allemand Die Welt écrit cependant que des responsables européens envisagent de proposer à l'Espagne une ligne de crédit du FESF afin de lui permettre d'assainir son secteur bancaire.

L'écart de rendement entre l'emprunt d'Etat espagnol à dix ans et son équivalent allemand a battu vendredi un nouveau record depuis la création de l'euro, à 548 points de base.

TEST OBLIGATAIRE JEUDI

Le rendement du 10 ans espagnol est resté stable autour 6,4% après les déclarations du ministre du Trésor. Mais l'euro a reperdu du terrain face au dollar, tombant en séance à 1,2411 contre 1,25 lundi soir.

Madrid jaugera jeudi l'appétit des investisseurs pour le papier souverain espagnol avec une émission d'obligations à moyen et long terme pour un total prévu entre un et deux milliards d'euros.

Le Premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a appelé à plusieurs reprises l'Europe à adopter des mesures urgentes, comme la reprise des rachats d'obligations souveraines ou l'injection de liquidités par la Banque centrale européenne.

L'Espagne doit encore refinancer 82 milliards d'euros de dettes cette année, et aider ses régions autonomes à payer 16 milliards d'euros d'intérêts de la dette au second semestre 2012.

Elle doit en outre trouver 19 milliards d'euros pour recapitaliser Bankia et pourrait étendre cette mesure à l'ensemble du secteur bancaire en fonction des résultats d'un audit indépendant en cours.

Madrid défend l'idée d'un plan européen d'aide directe aux banques, sans que le gouvernement ait à en formuler la demande, mais elle se heurte sur ce point aux réticences de l'Allemagne.

La Commission européenne exposera mercredi ses propositions en matière de traitement des banques en situation de faillite, un pas dans la direction d'une union bancaire que la BCE réclame pour affermir l'avenir de l'euro.

Mais ce projet qui passe par une coordination renforcée entre les pays de la zone euro, ne devrait pas voir le jour avant 2014, trop tard pour que l'Espagne puisse en bénéficier.

Avec Leika Kihara à Tokyo, Ana Flor et Alvaro Soto au Brésil, Anfreas Rinke à Berlin, Fiona Ortiz à Madrid, Marc Joanny pour le service français, édité par Nicolas Delame

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  • jepe48 le mardi 5 juin 2012 à 13:27

    Le monsieur il veut des eurobonds sans en prononcer le mot, Merkel veille aux paroles des dirigeants européens de droite. Ils vont bientôt eux aussi comprendre que plus les taux sont chers, moins on peut rembourser et se désendetter ( ex la Gréce) et plus on sombre.J'ai lu par ailleurs ce matin le ministre des finances allemand ne sait plus trop comment s'expliquer

  • fpelu le mardi 5 juin 2012 à 13:13

    Alors tonton Hollande, t'as vu, tonton Cristobal a des ennuis