«Made in France» : comment s'y retrouver

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Le label «Origine France Garantie» a été lancé en mai dernier. Seule une quinzaine d'entreprises peuvent pour l'instant s'en prévaloir. En attendant le plein essor de ce repère, les sites dédiés fleurissent sur la toile.

Même pour le consommateur qui le souhaite, acheter français n'est pas toujours aisé. Sur les produits commercialisés, les mentions sur l'origine des composants et le lieu de fabrication pullulent encore. «Origine X», «labellisé par...», «accrédité par...»: autant de sigles dont «l'opacité et la confusion», selon le rapport d'Yves Jégo paru l'année dernière, induisent parfois le consommateur en erreur.

Même le fameux «made in France» a fait la preuve de son insuffisance. Il se contente en effet de respecter les critères des douanes, qui considèrent un produit français si 45% de sa valeur ajoutée a été produite dans l'Hexagone. Si bien qu'il est assez aisé, pour un industriel, de faire fabriquer son produit à bas coût à l'étranger, et d'y apporter en France une modification un peu plus coûteuse (une broderie sur un tee-shirt par exemple), qui lui permettra d'obtenir la fameuse mention. De fait, le «made in France» se vide peu à peu de sa substance. La part de composants français dans ces produits ne cesse de diminuer. En dix ans, elle est revenue de 75% à 69%, selon l'Observatoire du fabriqué en France.

Coca-Cola fabriqué en France

La création du label «origine France garantie» visait à combler ces lacunes et à orienter plus efficacement le consommateur. Plus strict, plus fiable, cette certification lancée en mai dernier devait mettre en évidence une production française qui ne cesse de décliner. Pour les seuls produits estampillés «made in France», leur part de marché dans l'Hexagone a en effet baissé de 66% à 62% en dix ans. Mais là encore, l'entreprise n'est pas aisée. Car ce label, payant et obtenu sur demande, ne rencontre pas encore le succès escompté. Seules 15 entreprises, telles que FagorBrandt, Kronenbourg, les couches Hamac ou encore Atol, peuvent pour l'instant s'en prévaloir.

«Il est normal que les entreprises soient pour l'instant peu nombreuses. Nous sommes encore en phase de test. Mais d'ici deux à trois ans, plusieurs milliers de produits bénéficieront de cette certification», assure le député UMP Yves Jego, à l'origine de cette idée. Le paradoxe de cette nouvelle marque étant que des bouteilles Coca-Cola ou encore la Toyota Yaris, fabriquées en France, sont susceptibles de s'en prévaloir, quand la Zoé électrique de Renault, dont seuls 40% des composants sont produits en France, serait recalée... «Il s'agit de valoriser les produits fabriqués en France, qui créent des emplois en France, et non les produits français», explique Yves Jégo.

Les sites spécialisés se développent

L'offre, cependant, n'attend pas l'essor d'un label représentatif pour se développer. Les sites internet qui proposent une sélection de produits «made in France» sont de plus en plus nombreux. Madine-france.com, produitsfrance.com, 100pour100-madeinfrance.fr, France-Avenue.fr, entre autres, effectuent un tri dans la jungle des produits commercialisés, en fonction de leur lieu de fabrication.

L'activité est porteuse. Selon un sondage Ifop paru en novembre, une majorité de consommateurs est en effet prête à débourser 5% à 10% de plus pour acheter français. Un patriotisme très hexagonal, encore renforcé par la crise, analyse le Credoc. «La préférence nationale est nettement plus élevée en France. Par contre, la marque France n'intéresse pas les pays étrangers», tranche l'institution.

«Depuis quelques mois, acheter français est devenu plus populaire, confirme Mathieu Chiavassa, cofondateur de 100pour100-madeinfrance.fr. En 2008 encore, il n'était pas facile pour nous de repérer les entreprises qui produisaient en France. Cet argument était peu mis en avant. Mais aujourd'hui, la campagne présidentielle aidant, les demandes de recensement sur notre site affluent».

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