Madame football club à Téhéran

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Madame football club à Téhéran
Madame football club à Téhéran

En mars 2008, pour la première fois une équipe étrangère féminine se déplace en Iran pour affronter la sélection nationale iranienne. Pour l'occasion, voici ce récit-fiction inspiré du long métrage Football Under Cover, réalisé par Ayat Najafi et David Assmann. Lauréat du Teddy Award 2008 (meilleur documentaire), le film est présenté par le Goethe-Institut et diffusé ce mardi 8 mars 2016 à 19h30, au Carreau du temple à Paris.

Nous sommes le 3 mars, 16h. Je vais vivre un moment historique. Dans les vestiaires, je cherche l'appui de ma capitaine. Nos regards se croisent, furtivement. Il faut évacuer la pression. Je me lève pour me contempler dans la glace, une dernière fois. Aux pieds, j'ai ma paire d'Adidas Copa Mundial noires soigneusement lacées. Mais mon habituel short est remplacé par un pantalon de survêt très large. Mon maillot, à manches longues, est beaucoup trop grand pour mon mètre soixante cinq. Mes beaux cheveux blonds ? Couverts d'un voile comme il est coutume ici en Iran. Il part du haut du front et me couvre jusqu'aux épaules. Je me reconnais à peine mais qu'importe. Perdue dans mes pensées, je sursaute en entendant frapper à porte du vestiaire : c'est l'heure. Dans le tunnel, des chants résonnent : "Iran ! Allemagne! Iran ! Allemagne !". J'entends le bruit des trompettes et des rires, beaucoup de rires. Je ferme les yeux, me concentre, trottine jusqu'à l'escalier qui conduit au terrain. Je lève la tête. Le stade est vétuste mais comble. Le soleil tape. Pas un nuage à l'horizon. Il fait chaud, 35 degrés mais qu'importe. 10000 femmes sont venues nous acclamer. Bébés, fillettes, adolescentes, mamans, grand-mères. Je souris, tente de garder la face, mais je tremble, de tous mes membres. Nous sommes la première équipe étrangère féminine à disputer un match ici à Téhéran.

L'hymne de la FIFA retentit, le public est débout. J'avance avec mes partenaires en essayant d'immortaliser la scène. Mon pas est fébrile mais déterminé. Dans ma main droite, je tiens une banderole écrite en arabe : "Le club de BSV AL-Dersimspor de Kreuzberg remercie la Fédération iranienne pour l'invitation". Je repense à tout le chemin parcouru, moi l'étudiante en pharmacologie et arrière droit d'un tout petit club berlinois. Nous ne sommes pas professionnelles mais représentons l'Allemagne, celle de Beckenbauer, Matthäus, Lahm mais aussi de Birgit Prinz, joueuse la plus capée de notre sélection. Marlène, une de mes coéquipières a eu la folle idée d'organiser un match de football face à l'équipe nationale iranienne. Je ne connais ce pays qu'à travers les médias : embargo, menace nucléaire, pouvoir des ayatollah, inégalité des sexes.

Alignées face à la tribune, nous écoutons une prière, récitée par une petite fille à peine âgée d'une dizaine d'années. Les mains serrées, les photos…




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