"Mad Men", la série retro qui trouve une résonance dans notre société actuelle

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"Mad Men" reprend le 7 avril aux États-Unis. AMC
"Mad Men" reprend le 7 avril aux États-Unis. AMC

(Relaxnews) - La sixième et avant-dernière saison de "Mad Men" s'ouvrira dimanche 7 avril sur AMC. Véritable succès qui a mis d'accord les critiques, le public et la profession, le period drama compte à son palmarès quinze Emmy Awards et cinq Golden Globes en seulement six ans.

"Série de science-fiction dans le passé", voilà comment le créateur de "Mad Men" décrit son oeuvre. Son bébé, Matthew Weiner l'a porté pendant sept ans. De longues années durant lesquelles il a eu le temps de se consacrer au scénario de la série alors phare de HBO, "Les Soprano".

En 2007, une fois le mafieux du New Jersey parti de l'antenne, Matthew Weiner se tourne naturellement vers la célèbre chaîne câblée pour lui proposer son projet, qu'il développe de son côté depuis 2000. Mais l'histoire de publicitaires new-yorkais dans les années 60 n'intéresse aucunement la chaîne très sélective, ni même sa concurrente Showtime. C'est sur AMC que le scénariste trouvera grâce. Chaîne spécialisée dans le cinéma classique, le diffuseur accepte volontiers la proposition lui permettant de se glisser dans le florissant marché des séries.

En juillet 2007, ses abonnés découvrent "Mad Men", drama qui tient son titre du surnom donné dans les années 60 aux publicitaires travaillant sur Madison Avenue, et son héros Don Draper, directeur artistique de la fictive agence Sterling Cooper.

Un style visuel et une authenticité historique qui ont bâti la renommée de "Mad Men"

Le succès ne s'est pas fait attendre. La série reçoit d'emblée une pluie de louanges, certains critiques allant jusqu'à la qualifier de "révolutionnaire". Il faut dire que la nouveauté se distingue d'emblée par son style visuel haut de gamme, des décors en passant par les costumes, les accessoires et son générique. Construit en animation graphique, ce dernier montre la chute d'un gratte-ciel d'une silhouette noire, un homme d'affaires, au beau milieu d'affiches publicitaires d'époque.

Si l'histoire des États-Unis n'est pas le sujet principal de la série, les faits les plus marquants des sixties défilent en toile de fond au fil des saisons. La fiction s'ouvre en mars 1960 et s'est stoppée au printemps 1967 en fin de cinquième saison. Les téléspectateurs peuvent saisir le temps qui passe à travers l'évocation de la campagne présidentielle menée entre JFK et Richard Nixon, de l'assassinat de John Fitzgerald Kennedy, la lutte pour les droits civique ou la guerre du Vietnam.

Loin d'être une ode à la nostalgie, "Mad Men" livre bien au contraire une vision grinçante de cette décennie encore misogyne et raciste, théâtre, toutefois, de bouleversements sociaux et culturels.

Une véracité historique jusqu'aux rapport hommes/femmes

Un monde phallocrate et patriarcal, voilà ce que s'attelle à dénoncer, en partie, Matthew Weiner. Face à la liberté totale des hommes dans un univers où le terme harcèlement sexuel n'existe pas encore, les femmes paraissent effacées et soumises. Selon des publicitaires de l'époque, l'approche de "Mad Men" s'avère très réaliste sur les rapports entre les hommes et les femmes au travail

Dans ce monde machos où blagues sexistes et commentaires condescendants sont monnaie courante, les personnages féminins prennent cependant de l'ampleur au fil des années, commencent à s'affirmer, à l'image de la société américaine. Même si l'égalité est loin d'être encore acquise, leur évolution permet de souligner davantage l'égo, l'amour-propre et le mode de pensée archaïque des hommes.

Face à une Betty Draper, femme du héros Don, à l'image parfaite de la femme au foyer, et à Joan Holloway, chef des secrétaires à Sterling Cooper qui compte sur ses formes généreuses et son sex-appeal au travail, Peggy Olson est celle qui semble le mieux "s'en sortir". Arrivée comme secrétaire de Don Draper, elle parvient à devenir la première femme rédactrice de l'agence. Talentueuse, elle fait de son patron un mentor qui devine son potentiel. Pour arriver à ce niveau, elle doit cependant travailler deux fois plus dur, laisser de côté sa féminité et mettre entre parenthèse sa vie privée.

Malgré tout, elle s'impose au fil des saisons comme un personnage important, plus déterminé et intéressant que les nombreux visages masculins de l'agence. Et même le séduisant et charismatique Don Draper se laisse dépasser par le phénomène. En épousant, en deuxième noce, une femme bien plus jeune que lui, il s'attend à retrouver une autre parfaite "housewife". Mais il se rend vite compte que sa nouvelle chère et tendre est en phase avec son époque, plus libérée et affirmée.

"Mad Men" reviendra dimanche reprenant le cours de l'histoire après le printemps 1967, période à laquelle s'est achevée la cinquième saison en juin dernier. La série se permettra un léger bond dans le temps, mais ne devrait pas aborder les années 70. C'est pour cette raison qu'elle n'ira pas au-delà d'une septième saison.

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