Macron veut un "nouveau rapport" avec Alger malgré les "obstacles"

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MACRON VEUT UN "NOUVEAU RAPPORT" AVEC ALGER MALGRÉ LES "OBSTACLES"
MACRON VEUT UN "NOUVEAU RAPPORT" AVEC ALGER MALGRÉ LES "OBSTACLES"

ALGER (Reuters) - Emmanuel Macron exprime son souhait, dans un entretien publié mercredi à l'occasion de sa visite à Alger, d'ouvrir une "nouvelle page" avec l'Algérie, acteur clef dans la résolution des crises régionales, malgré les "obstacles" qui empoisonnent encore la relation entre la France et son ancienne colonie.

Dix mois après ses propos qualifiant la colonisation française de "crime contre l'humanité", le chef de l'Etat effectue une visite éclair de quelques heures en Algérie, où il s'entretiendra notamment avec le président Abdelaziz Bouteflika et déjeunera avec des membres de la société civile.

"J'ai le regard d'un homme de ma génération, d'un président élu sur un projet d'ouverture, je connais l'histoire, mais je ne suis pas otage du passé", indique le président français de 39 ans, dans une interview à El Watan.

"Nous avons une mémoire partagée (avec l'Algérie-NDLR). Il faut en tenir compte. Mais je souhaite désormais, dans le respect de notre histoire, que nous nous tournions ensemble vers l'avenir", ajoute-t-il.

"Le nouveau rapport que je veux construire avec l'Algérie et que je propose aux Algériens est celui d'un partenariat d'égal à égal, construit dans la franchise, la réciprocité et l'ambition", à l'image de celui prôné la semaine dernière lors de sa tournée africaine.

"Tourner la page" - un souhait exprimé par ses prédécesseurs à l'Elysée - s'annonce difficile, selon les observateurs. "La France est restée 130 ans en Algérie et donc, pour tourner la page, c'est difficile car elle est lourde. Il faut la lire et cela prend du temps", a souligné l'historien Benjamin Stora mardi sur France Inter.

"LES OBSTACLES EXISTENT"

"Bien sûr, les obstacles existent", reconnaît Emmanuel Macron dans les colonnes d'El Watan, "mais il nous appartient de les surmonter avec tous les acteurs de nos sociétés"

"Je suis convaincu que la clé de cet avenir réside dans la jeunesse de nos deux pays, une jeunesse entreprenante, pleine d'initiatives, déterminée à construire l'avenir", ajoute-t-il.

"La France est dépositaire de ce passé (colonial-NDLR), pour autant, j'ai une conviction profonde, notre responsabilité n'est pas de nous y enferrer, notre responsabilité n'est pas de rester dans ce passé", ajoute-t-il.

L'Algérie est devenue au cours de ces dernières années un acteur clef dans la résolution des conflits régionaux, en Libye mais également au Sahel où la France est présente militairement via son opération antiterroriste Barkhane.

Quelques jours seulement après son élection, Emmanuel Macron avait haussé le ton, prévenant que la France ferait preuve d'une "exigence renforcée" vis-à-vis de ses partenaires, notamment de l'Algérie, soupçonnée d'apporter son soutien, à Iyad Ag-Ghali, chef du mouvement djihadiste malien Ansar Dine.

"Ma position n'a pas changé", indique-t-il à El Watan. "J'attends une coopération totale de tous ceux qui partagent l'objectif d'une paix durable au Mali. Et en effet j'attends beaucoup de l'Algérie" dans la lutte contre le terrorisme.

Pour développer et diversifier l'économie algérienne comme le souhaitent les autorités, le président français invite par ailleurs ces dernières à réviser des règles très strictes.

"L'Algérie doit s'ouvrir davantage. Il y a encore beaucoup de freins à l'investissement qui existent sur le contrôle des participations et les règles de change en Algérie", estime-t-il.

"Une modernisation de l'économie est indispensable pour que les entreprises algériennes et françaises puissent développer leurs projets", poursuit-il. "Notre coopération doit pouvoir s'étendre à de nombreux secteurs, des secteurs d'avenir comme les énergies renouvelables, tout ce qui relève de la ville du futur ou du numérique."

Le stock d'investissements français qui représente 2,3 milliards d'euros pourrait fortement augmenter dans les prochaines années si les projets en cours de développement se concrétisent, souligne Emmanuel Macron.

(Lamine Chikhi à Alger, avec Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey à Paris, édité par Yves Clarisse)

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  • ppsoft il y a une semaine

    Un nouveau rapport, c'est vite dit... on en reparlera quand Abdelaziz Bouteflika aura réparé la clim'.

  • martofel il y a une semaine

    en signe d amitié un disque de joni a l idée et l affaire est faite

  • JUFRABRE il y a une semaine

    "Macron veut un nouveau rapport avec Alger malgré les obstacles"... Un rapport...protégé ?

  • DADA40 il y a une semaine

    Obstacles insurmontables lorsqu'il faut 4 mois et beaucoup de bakchichs pour arriver à dédouaner une pièce de rechange.