Macron veut réformer l'ISF pour doper l'investissement productif

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 (Actualisé avec propos sur l'ISF) 
    PARIS, 23 juin (Reuters) - Le ministre de l'Economie 
Emmanuel Macron a de nouveau plaidé jeudi pour une évolution de 
l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), estimant que cette 
taxe, dans sa forme actuelle, pénalisait l'investissement 
productif. 
    "On doit adapter le cadre fiscal dans lequel on opère, dont 
l'ISF", a-t-il déclaré lors d'un colloque organisé à Paris par 
l'Institut Montaigne et McKinsey Global Institute.  
    Selon lui, la France protège trop la rente et ne favorise 
pas assez la prise de risque, ce qui nuit à son développement 
économique.  
    "En France, contrairement aux idées reçues et parfois avec 
entre guillemets les meilleurs sentiments du monde, on a 
beaucoup plus protégé le capital dormant que le capital 
productif", a-t-il dit.        
    De précédentes déclarations d'Emmanuel Macron sur le sujet 
avaient été fraîchement accueillies par le Premier ministre 
Manuel Valls, qui avait rappelé le ministre de l'Economie à la 
solidarité gouvernementale.   
    Emmanuel Macron, qui estime toujours qu'"aujourd'hui l'ISF 
pose un problème pour celles et ceux qui voudraient tout 
simplement investir et aider (au) développement" des 
entreprises, juge cependant que le contexte n'est pas propice à 
une évolution de cet impôt.  
     
    MAUVAIS CONTEXTE 
    "Si on arrive devant les gens dans le contexte politique et 
social qu'on connaît en leur disant: 'J'ai eu une bonne idée ce 
matin, on va supprimer ou réformer l'ISF' (...), à mon avis ce 
n'est pas majoritaire dans le pays, ça ne va pas plaire à tout 
le monde", a-t-il souligné.  
    Mais pour le ministre de l'économie, la situation actuelle 
recouvre des "ambitions totalement paradoxales, en tout cas 
antinomiques". 
    "La France est attachée à sa souveraineté économique, on 
préfère qu'il y ait des champions français, plutôt que des 
Américains et des Chinois, qui viennent investir dans nos 
entreprises (...) mais la condition pour développer les 
entreprises françaises, c'est qu'il y ait du capital français", 
a ajouté Emmanuel Macron. 
    Dans cette optique, le "compte entrepreneur investisseur", 
dispositif visant à alléger la taxation du capital productif 
pour favoriser l'investissement, sera présenté à l'automne dans 
le cadre du projet de loi de finances 2017, a précisé le 
ministre de l'Economie.  
    Mais ce dispositif ne représente que le "début d'une série 
de mesures qu'on doit continuer à prendre pour favoriser cet 
écosystème" afin de "créer un environnement fiscal beaucoup plus 
clair, plus stable et plus favorable à ce réinvestissement".  
    Ce véhicule d'investissement permet "à celles et ceux qui 
ont réussi par leur entreprise" de réinvestir "sans frottement 
fiscal, avec une sécurité sur l'impôt sur le revenu et sur 
l'ISF", a expliqué le ministre de l'Economie.  
    Manuel Valls avait annoncé en février dernier au Salon des 
entrepreneurs la prochaine création d'un nouveau véhicule 
d'investissement adapté aux entrepreneurs-investisseurs.  
    
 
 (Myriam Rivet, édité par Yves Clarisse) 
 
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  • bsdm il y a 6 mois

    il faut supprimer l'Incitation à Sortir de France qui est une aberration économique .par exemple: l'ISF taxe l'usufruitier d'une résidence principale sur la TOTALITE de la valeur du bien et non sur l'usufruit !!deuxieme exemple les moins values latentes d'une année sur l'autre ne sont pas récupérables pour l'ISF !

  • phili646 il y a 6 mois

    C'est une refonte totale de l'assiette qui est devenue obsolète. Favoriser l'investissement sur les entreprises passe aussi par la taxation des antiquités, oeuvres d'art, bois et forêts !!!!

  • xk8r il y a 6 mois

    les socialos-cocos vont hurler : il faut faire payer les riches

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