Macron tente de rassurer des professions réglementées en colère

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* La réforme des professions réglementées au parlement début 2015 * Appel à la grève des professions libérales le 30/09 * Les 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat, une illusion-Macron (Actualisé avec levée de la grève des huissiers de justice) PARIS, 17 septembre (Reuters) - Les notaires manifestent ce mercredi à Paris et dans plusieurs villes de France pour protester contre le projet de réforme des professions réglementées préparé par le gouvernement qui, face aux inquiétudes, tente de rassurer les professions concernées. Un rassemblement est prévu à Paris à l'appel du Conseil supérieur du notariat qui a invité les quelque 9.500 notaires de France ulcérés par cette réforme qui constitue "une menace sur la sécurité juridique des Français et de leur famille". Cette manifestation survient deux jours après celle des huissiers de justice et avant la journée de grève prévue le 30 septembre prochain à l'appel de l'Union nationale des professions libérales (Unapl). Dans la ligne de mire des 37 professions réglementées, dont les huissiers, les notaires, les pharmaciens, les greffiers, les chauffeurs de taxi et les prothésistes, une réforme dont les grandes lignes ne sont pas encore connues mais qui pourrait éventuellement mettre fin à leur monopole. "Nous avons un pouvoir de nuisance que le gouvernement a peut-être négligé", dit Régis de Lafforest, président du syndicat national des notaires (SNN). "Il ne faut pas trop titiller. On a des remontées de la base qui sont extrêmement déterminées." La rupture entre les professions réglementées et le gouvernement a été entamée cet été avec la publication d'un rapport de l'Inspection générale des finances et la décision de l'ex-ministre de l'Economie Arnaud Montebourg de réformer ces professions pour restituer, selon lui, 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français. "ILLUSION" Mercredi, son successeur à Bercy, Emmanuel Macron, a indiqué que le projet de réforme était toujours d'actualité et serait intégré au projet de loi "pour la croissance et le pouvoir d'achat" tout en se démarquant d'Arnaud Montebourg. "La loi sera avant la fin de l'année soumise au conseil des ministres et au Parlement en début d'année prochaine", a-t-il dit sur Europe 1, exprimant le souhait d'associer les professions à la réforme. Mais "on ne va pas résoudre le problème des Français en sacrifiant les notaires ou les pharmaciens, il ne faut pas raconter d'histoire", a-t-ajouté. "Je ne vais pas dire qu'on rendra 6 milliards d'euros de pouvoir d'achat aux Français, ça n'est pas vrai, c'est une illusion". "Je ne leur dis en aucun cas 'vous êtes intouchables', je leur dis 'notre objectif n'est pas de casser votre profession, ça n'aurait pas de sens, mais notre objectif c'est avec vous d'aider à moderniser'", a-t-il conclu. Reçu par la ministre de la Justice Christiane Taubira et Emmanuel Macron mercredi matin, le représentant des huissiers de justice Patrick Sannino s'est dit satisfait à l'issue de la rencontre des réponses apportées à sa profession. "Le ministre de l'Économie a confirmé sa volonté de maintenir le monopole des huissiers sur les significations des décisions de justice", a-t-on indiqué auprès de la Chambre nationale des huissiers de justice. "Sur tous les autres points, des réunions de travail vont avoir lieu", a-t-on ajouté. Lancée lundi, la grève a été levée à l'issue d'une assemblée générale mercredi matin mais les huissiers restent "vigilants et mobilisés", souligne-t-on. "BOUCS ÉMISSAIRES" La remise en cause du monopole des professions réglementées ne fait pas consensus au sein de la classe politique. Invité sur France Info, le député et candidat à la présidence de l'UMP, Bruno Le Maire s'est dit choqué par le projet de réforme du gouvernement. "Je suis profondément choqué qu'on prenne comme boucs émissaires les notaires, les pharmaciens, en les désignant comme des privilégiés", a-t-il dit sur France Info. Les socialistes ont pris les professions réglementées comme "boucs émissaires de leur absence de courage", a-t-il ajouté. Dans un communiqué, le Front national dénonce ce qu'il voit comme un processus "de libéralisation des professions voulue par l'Union européenne, sur un modèle anglo-saxon." Le parti de Marine Le Pen demande que "soient préservées les institutions républicaines qui fonctionnent afin de garantir la sécurité juridique et financière." (Marine Pennetier et Nicholas Vinocur, avec Jean-Baptiste Vey et Chine Labbé, édité par Yves Clarisse)

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