Macron souhaite la création de "hot spots" en Libye dès cet été

le , mis à jour à 21:02
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    * Visite d'un centre d'hébergement de réfugiés 
    * Macron ne veut plus de migrants dans la rue d'ici fin 2017 
 
 (Actualisé avec réactions Ofpra et France terre d'asile) 
    par Mourad Guichard 
    ORLEANS, Loiret, 27 juillet (Reuters) - La France souhaite 
créer des centres d'examen des demandes d'asile dès cet été en 
Libye si les conditions de sécurité le permettent, a déclaré 
jeudi Emmanuel Macron, à l'heure où les Européens peinent à 
adopter une stratégie commune pour enrayer les flux de migrants 
qui traversent la Méditerranée. 
    "L'idée est d'ouvrir des hot spots en Libye afin d'éviter 
aux gens de prendre des risques fous alors qu'ils ne sont pas 
tous éligibles à l'asile", a déclaré le chef de l'Etat en marge 
d'une visite d'un centre de réfugiés à Orléans (Loiret).  
    "Les gens, on va aller les chercher", a-t-il poursuivi. "Je 
compte le faire dès cet été (...) on va essayer de le faire avec 
l'Europe mais nous, la France, on le fera", a-t-il ajouté.  
    Depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, la Libye est 
plongée dans le chaos et est devenue une plaque tournante des 
réseaux de passeurs et de trafiquants. 
    Selon l'Organisation internationale pour les migrations 
(OIM), plus de 100.000 migrants et réfugiés sont arrivés depuis 
janvier en Europe, dont plus de 85.000 ont débarqué en Italie en 
traversant la Méditerranée depuis les côtes libyennes.   
    Une situation jugée intenable par les autorités italiennes 
qui lancent depuis plusieurs mois, en vain, des appels à l'aide 
et plaident pour un meilleur partage européen du "fardeau".  
    L'ouverture de "hot spots" en Libye s'inscrit dans "la 
volonté du président de la République d'avoir un accueil qui 
soit digne pour ceux qui relèvent du droit d'asile", 
souligne-t-on dans l'entourage du chef de l'Etat, où l'on 
précise toutefois qu'"à ce stade les conditions de sécurité ne 
sont pas réunies".      
    Au-delà de la Libye, d'autres pays africains pourraient être 
concernés.  
    "Nous créerons les voies et moyens de traiter les demandes 
d'asile sur le sol africain () pour éviter que des familles 
entières ne prennent des risques, parfois perdent la vie", a 
souligné Emmanuel Macron.  
    Pascal Brice, directeur de l'Office Français de protection 
des réfugiés (Ofrpa), a salué cette annonce, saluant "le 
caractère très complet de l'approche présidentielle". 
    "Son plan consiste d'abord à protéger le plus en amont 
possible une partie des réfugiés sur les routes de l'exil. D'où 
son initiative africaine. Il veut, dans le même temps, 
stabiliser la Libye, lutter contre les passeurs, dépêcher des 
agents de l'Ofpra dans les hot spots, en Italie notamment, pour 
y instruire sur place les demandes d'asile", a-t-il réagi dans 
le Figaro. 
         
    MACRON NE VEUT "PLUS DE MIGRANTS DANS LES RUES"  
    Depuis son arrivée au pouvoir en mai, le gouvernement 
français est sous le feu des critiques des associations de 
défense des migrants et du Défenseur des Droits pour sa 
politique d'accueil des migrants sur son sol.  
    Dans un nouveau rapport publié mercredi, Human Rights Watch 
dénonce l'usage "routinier" du gaz poivre par la police contre 
les migrants à Calais, y compris pendant leur sommeil, des 
accusations démenties par les autorités locales.  
    Dans ce contexte de défiance, le discours d'Emmanuel Macron 
à l'occasion d'une cérémonie de naturalisation à Orléans était 
très attendu, un mois après les propos du ministre de 
l'Intérieur Gérard Collomb à Calais qui souhaitait ne pas 
laisser les migrants "s'enkyster" et éviter tout "appel d'air". 
    "Aujourd'hui, le défi de l'Europe, c'est de tout faire pour 
se protéger et savoir accueillir celles et ceux que nous devons 
accueillir parce que leur vie est en danger, parce que ce sont 
des combattants de la liberté", a déclaré le chef de l'Etat.  
    "Je ne veux plus, d'ici la fin de l'année, des hommes, des 
femmes, dans les rues, dans les bois", a-t-il ajouté. "C'est une 
question d'humanité et d'efficacité. Je veux partout des 
hébergements d'urgence." 
    Pour Pierre Henry, directeur de France Terre d'asile, cela 
signifie qu'il faut créer de nouveaux centres de premier accueil 
dans les grandes villes, sur le modèle de celui de la porte de 
la Chapelle à Paris. 
    "Les mots du président impliquent donc un amendement du plan 
migrant, tel qu'il a été présenté il y a quinze jours. Sans 
nouveaux centres dans les grandes capitales régionales, ça ne 
peut pas fonctionner", a-t-il réagi dans Libération. 
    Reprenant une de ses promesses de campagne, le chef de 
l'Etat s'est une nouvelle fois engagé à réduire les délais de 
traitement des demandes d'asile et à fournir un "accueil digne". 
 
 (avec pool et Marine Pennetier à Paris, édité par Yann Le 
Guernigou et Jean-Stéphane Brosse) 
 
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  • 34flora il y a 6 mois

    qu'est-ce qu'il a dans la tête ce type ? ça lui arrive de réfléchir ?

  • mlaure13 il y a 6 mois

    Radicalisés : l’explosion des chiffres… ce nombre correspond à la ville de Marmande : 17.393 individus signalés par les services et le Centre national d’assistance et de prévention de la radicalisation (CNAPR), actualisé au 1er mars 2017, délivré par sénat.fr, le 13 avril 2017…Quand on voit le laxisme de nos institutions, ils ont de beaux jours devant eux, nos "chances pour la France", radicalisés et fichés S...

  • mlaure13 il y a 6 mois

    Ni dans la rue...ni en France...;-(((