Macron reproche à Hollande de faire "les choses à moitié"

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    PARIS, 4 septembre (Reuters) - Emmanuel Macron justifie son 
départ du gouvernement par le fait que François Hollande a fait 
"beaucoup de choses à moitié" et qu'on l'a empêché de porter son 
projet de loi sur les nouvelles opportunités économiques (Noé). 
    Dans une interview au Journal du Dimanche, l'ex-ministre de 
l'Economie déclare en outre que son objectif est que "les idées 
progressistes soient présentes au second tour de l'élection 
présidentielle et gagnent", même s'il laisse en suspens la 
question de sa propre candidature. 
    "Je n'ai pas arrêté d'essayer, de proposer, de pousser, 
dit-il, mais si l'on veut réussir, on ne peut pas faire les 
choses à moitié, et malheureusement on a fait beaucoup de choses 
à moitié!" 
    "Le choix a été fait de ne pas engager une deuxième étape 
des réformes économiques comme je le proposais avec la loi Noé. 
Nous avons eu une autre divergence après les attentats et un 
dissensus sur la déchéance (de nationalité des auteurs d'acte de 
terrorisme, auquel François Hollande a renoncé après l'avoir 
envisagée)", ajoute-t-il. 
    "J'aurais souhaité qu'on aille plus loin sur la politique 
européenne", poursuit l'ancien ministre en soulignant qu'il a 
exprimé ses désaccords "de manière apaisée, dès le début" et que 
le chef de l'Etat connaissait ses convictions. 
    "J'ai fait le choix de partir sans artifice et de manière 
apaisée", assure-t-il. 
     
    "JE DÉNONCE LE CYNISME DU SYSTÈME POLITIQUE QUI COMPTE FAIRE 
    DE LA PRÉSENCE DU FRONT NATIONAL AU SECOND TOUR  
    LE MARCHEPIED DE L'ACCESSION AU POUVOIR"  
    A la question de savoir s'il a demandé au chef de l'Etat 
s'il serait candidat à sa propre succession, et s'il aurait 
démissionné en cas de réponse positive, il répond: "Je ne sais 
pas ce que fera le président de la République. Ma logique ne 
repose pas sur les questions de personnes. Il est très lucide et 
il a le sens des responsabilités, et je pense que son choix 
n'est pas fait." 
    "Vous ne savez pas s'il le sera, ni si je le serai. Encore 
une fois, avoir des idées claires, des convictions partagées, 
c'est la condition pour faire et c'est cela dont le pays a 
besoin", dit-il encore. 
    Prié de dire ce qui le déciderait à se lancer, Emmanuel 
Macron indique que son objectif "est que les idées progressistes 
soient présentes au second tour de l'élection présidentielle et 
gagnent pour pouvoir transformer notre pays."  
    "Je dénonce le cynisme du système politique qui compte faire 
de la présence du Front national au second tour le marchepied de 
l'accession au pouvoir de tel ou tel camp. Je désapprouve ceux 
qui préfèrent préserver leurs appareils et leurs intérêts plutôt 
que de faire gagner leurs idées et la France", déclare-t-il. 
    L'ancien ministre s'en prend plus particulièrement à Nicolas 
Sarkozy, en qui il voit "clairement l'un des hérauts du 
conservatisme". 
    "Sa vision de l'identité française est une forme de 
rabougrissement de la France, il exprime la brutalité sociale, 
le cynisme, l'irresponsabilité dans sa politique européenne. Il 
dit défendre la laïcité au nom de l'unité du pays mais ce qu'il 
propose fracture au contraire le pays et nourrit les 
communautarismes: c'est incohérent." 
 
 (Yann Le Guernigou; édité par Henri-Pierre André) 
 
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